28 avril 2026

Maroc et Mali : une solidarité forte face aux défis terroristes

Marrakech – le Maroc réaffirme son soutien indéfectible au Mali

Le Maroc a réitéré mardi devant le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS-UA) sa solidarité inébranlable avec le Mali. Cette déclaration intervient après les attaques terroristes et séparatistes coordonnées qui ont frappé le pays samedi dernier.

La délégation marocaine a fermement condamné « avec la plus grande fermeté les attaques terroristes et séparatistes ciblant les zones civiles et militaires », tout en adressant ses condoléances les plus sincères aux familles des victimes et au peuple malien.

Un soutien total à la souveraineté malienne

Le Maroc a réaffirmé son appui complet à la souveraineté, à la sécurité, à la stabilité et à l’intégrité territoriale du Mali. Il a également plaidé pour une mobilisation rapide des fonds nécessaires afin de permettre une réponse adaptée et coordonnée avec les autorités maliennes.

Cette prise de position s’inscrit dans la continuité des déclarations faites par le Royaume dès les premières heures des attaques. Une source diplomatique marocaine avait alors condamné « avec la plus grande vigueur ces actes lâches et criminels », réaffirmant le soutien du Maroc aux autorités maliennes dans leur lutte contre le terrorisme et le séparatisme sur l’ensemble du territoire malien et dans la région du Sahel.

Des attaques d’une ampleur sans précédent

Les assauts coordonnés du samedi 25 avril ont marqué un tournant par leur ampleur. Des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda, comme le JNIM, ont mené des attaques conjointes avec des séparatistes touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA) contre sept villes maliennes, dont Bamako, Kati, Kidal et Gao.

Parmi les conséquences tragiques de ces attaques, on compte la mort du ministre malien de la Défense, le général Sadio Camara, tué par un attentat-suicide à son domicile à Kati. Le chef de la junte, le général Assimi Goita, reste introuvable depuis ces événements. La ville stratégique de Kidal est tombée sous le contrôle des rebelles, contraignant les mercenaires du Corps africain russe à se retirer selon un accord avec les groupes armés.

Algérie : une stratégie de déstabilisation envers le Mali ?

Alors que le Maroc affiche une solidarité sans faille envers Bamako, des observateurs et analystes pointent du doigt ce qu’ils qualifient de « guerre de l’ombre » menée par l’Algérie contre le Mali. Une campagne systématique de déstabilisation qui s’est intensifiée depuis que le Mali a pris, il y a deux semaines, la décision souveraine de retirer sa reconnaissance du « SADR » et d’appuyer officiellement le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental.

Un changement géopolitique qui dérange Alger

Cette réorientation stratégique du Mali a profondément ébranlé la posture diplomatique de l’Algérie, qui s’était construite autour de l’instrumentalisation du conflit du Sahara occidental. Le Palais de la Mouradia, cœur du pouvoir algérien, a interprété cette décision comme une insubordination majeure, mettant en péril des décennies de leviers diplomatiques soigneusement entretenus.

Les analystes spécialisés dans les dynamiques sécuritaires du Sahel sont unanimes : les attaques du 25 avril ne sont pas survenues dans un vide géopolitique. Elles constitueraient en réalité une rétribution punitive pour le Mali, ayant rompu définitivement avec la sphère d’influence algérienne.

L’Algérie accusée de financement et de soutien aux groupes séparatistes

Bamako a à plusieurs reprises accusé Alger de soutenir financièrement et militairement des factions séparatistes, tout en s’immisçant dans les affaires intérieures du pays. Ces allégations ne sont pas dénuées de fondement : l’Algérie dispose d’un historique documenté de soutien aux proxys séparatistes dans la région, avec le Front Polisario comme exemple le plus flagrant. Selon les observateurs, la même stratégie serait désormais appliquée contre le Mali.

Dès les premières heures des attaques, l’appareil médiatique algérien est entré en action, diffusant une offensive d’information coordonnée avec les groupes armés au sol. Les médias semi-officiels et réseaux numériques proches de l’État ont amplifié les narratifs séparatistes, gonflé les bilans des victimes militaires maliennes et propagé des informations non vérifiées sur le sort des hauts responsables. Le message sous-jacent était clair : « voici le prix à payer pour quitter notre sphère d’influence ».

Cette campagne de désinformation s’est poursuivie en parallèle d’une stratégie de déni institutionnel algérien. Alors que des rapports internationaux attestent de la présence de menaces terroristes actives dans la région de Blida, les autorités algériennes imposent un blackout total sur les incidents sécuritaires sur leur territoire. Plusieurs ambassades occidentales ont d’ailleurs émis des conseils aux voyageurs pour éviter cette zone.

Cette contradiction révèle une dualité cynique au cœur de la politique étrangère algérienne : étouffer le terrorisme sur son sol tout en l’utilisant comme un outil de coercition régionale. Depuis que le Mali a dénoncé l’accord d’Alger de 2015, accusant l’Algérie d’actions hostiles répétées, Alger a perdu son principal levier d’hégémonie douce sur le pays.

Ce traité, autrefois utilisé pour maintenir une menace armée permanente contre Bamako, ne tient plus. Face à cette perte d’influence, l’Algérie aurait choisi d’intensifier ses actions via des opérations de guerre par procuration, des campagnes d’information et des tentatives de déstabilisation territoriale.

Le Maroc, un partenaire sans condition

À l’inverse, la position du Maroc se distingue par sa cohérence et sa transparence. En juin 2024, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue burkinabè, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, avait clairement exposé la doctrine du Royaume : « Le Maroc rejette la logique de ceux qui donnent des leçons et font du chantage aux pays du Sahel. »

Ses propos ont été interprétés comme une critique directe à l’encontre d’Alger, accusée de vouloir gérer la situation régionale par la contrainte et de régler ses propres problèmes au détriment de la stabilité du Sahel.

Bourita a réaffirmé que le Maroc croit en la capacité des nations du Sahel à surmonter leurs crises, en leur offrant une expertise et un accompagnement sans aucune condition ni subordination politique. « Ils n’ont pas besoin de tuteurs, mais de partenaires », a-t-il souligné. Une approche fondée sur la souveraineté mutuelle, loin de toute posture paternaliste ou exploitatrice des vulnérabilités des autres États.

Copyright © All rights reserved. | Newsphere par AF themes