Des personnes arrêtées par les rebelles de l’AFC/M23 à Goma

Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a élevé sa voix pour saluer la détermination des populations congolaises, particulièrement celles de l’Est, confrontées aux violences armées. Il a réaffirmé, avec une conviction inébranlable, l’intégrité territoriale RDC et l’unité nationale du pays.

Lors de son allocution marquant la clôture de la session ordinaire de mars 2026, le lundi 15 juin 2026, Aimé Boji a d’abord rendu un vibrant hommage aux déplacés internes et aux réfugiés, dont la détresse humanitaire demeure une préoccupation majeure. Il a ensuite adressé un message de soutien et d’espoir aux habitants du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, saluant leur remarquable force d’âme face aux épreuves incessantes.

« Il est impératif de souligner la résilience exceptionnelle de nos compatriotes déplacés et réfugiés. Leurs souffrances restent au cœur des préoccupations de la représentation nationale. Je tiens à exprimer ma solidarité et mon espoir à nos frères et sœurs du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, qui continuent de faire preuve d’une résistance admirable face aux agressions perpétrées par les troupes rwandaises et leurs supplétifs de l’AFC/M23 », a-t-il déclaré avec fermeté.

S’exprimant en swahili et en français, le président de la Chambre basse a martelé l’appartenance inaliénable de l’Est à la République démocratique du Congo, insistant sur le caractère transitoire de l’occupation actuelle.

« Le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri sont et resteront des composantes essentielles de la République démocratique du Congo, un don divin et un héritage sacré de nos ancêtres. Nous sommes convaincus que l’occupation illégale dont notre nation est victime dans sa partie orientale ne sera ni définitive ni irréversible. Comme toute injustice historique, cette occupation barbare prendra fin. »

Aimé Boji Sangara a mis en garde ceux qui envisagent une balkanisation du pays, dénonçant toute tentative de remise en question de l’unité nationale ou de l’identité congolaise des populations des zones occupées. Il a réaffirmé la connexion indissoluble entre tous les Congolais, malgré la crise sécuritaire actuelle, caractérisée par une guerre d’agression attribuée à l’AFC/M23, avec le soutien du Rwanda.

« Il est essentiel de clamer haut et fort que ceux qui croient que nos frères et sœurs des territoires occupés pourraient renoncer à leur citoyenneté ou trahir la patrie se trompent lourdement. Nous sommes en parfaite communion avec eux et nous continuerons, sans relâche, à défendre l’unité nationale, l’intégrité territoriale RDC et la souveraineté de notre pays. Notre plus grande force face à l’adversité n’est pas seulement militaire, elle réside avant tout dans notre patriotisme, notre cohésion nationale et notre capacité de résistance », a-t-il souligné.

Il a catégoriquement rejeté toute manœuvre visant à diviser ou à manipuler les populations de l’Est. Il a réaffirmé le caractère indivisible de la République démocratique du Congo et la détermination des institutions à protéger chaque parcelle du territoire national.

« Que les forces obscures qui agressent notre pays à l’Est et tentent de désorienter nos compatriotes des zones occupées sachent que nous leur opposerons un mur de solidarité infranchissable. La République démocratique du Congo est une, indivisible et plurielle. Que vous soyez à Goma, à Muanda, à Gemena ou à Lubumbashi, le sang versé à l’Est est notre sang. L’unité nationale n’est pas un vain mot, elle est le fondement de notre survie et de notre grandeur. Qu’ils comprennent bien que nous défendrons notre territoire jusqu’au dernier millimètre carré », a-t-il affirmé.

Malgré ces déclarations fermes, la situation sécuritaire dans cette région du pays demeure préoccupante. En dépit des accords de paix, tels que l’Accord de Washington, facilité par les États-Unis d’Amérique, et le processus de Doha, mené sous l’égide de l’État du Qatar avec le soutien de l’Union africaine, les violences persistent. Les réunions d’évaluation se succèdent sans parvenir à inverser la tendance. Les civils de la République démocratique du Congo restent les principales victimes des conflits et des déplacements massifs, aggravant une crise humanitaire déjà critique, d’autant plus que les financements pour l’aide humanitaire sont en baisse.

Face à cette impasse, des appels à la paix continuent de résonner à l’échelle nationale, régionale et internationale, exhortant les parties prenantes à respecter leurs engagements. Cependant, ces appels n’ont, à ce jour, pas produit d’effets tangibles. L’écart entre les avancées diplomatiques sur le papier et les réalités du terrain demeure béant. Chaque partie continue d’interpréter les clauses des accords à sa manière, rendant leur mise en œuvre incertaine et la résolution de la crise dans l’Est de la RDC toujours plus complexe.