14 juin 2026

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Libreville : le paiement mobile révolutionne la collecte des taxes au marché Mont-Bouët

La municipalité de Libreville innove en introduisant la numérisation des prélèvements fiscaux pour les activités commerciales au sein du marché Mont-Bouët. Ce site emblématique représente un pilier majeur de l’économie informelle gabonaise. Ce système, inédit à l’échelle communale, s’appuie sur le paiement mobile, rendu possible grâce aux services des opérateurs de monnaie électronique établis au Gabon. L’initiative vise une double finalité : garantir la sécurité des revenus fiscaux locaux et procurer aux commerçants une méthode de règlement plus expéditive que le système de collecte manuelle traditionnellement en vigueur.

Mont-Bouët, berceau de la modernisation fiscale gabonaise

La sélection du marché Mont-Bouët comme site pilote n’est pas fortuite. Véritable poumon commercial de Libreville, il abrite des milliers de commerçants et génère chaque jour des flux financiers considérables, que la municipalité avait du mal à appréhender de manière exhaustive. Le mode de collecte classique, opéré par des agents, exposait la mairie à des diminutions de recettes, à des litiges sur les quittances et à des menaces de malversations. Le passage au mobile money vise précisément à éliminer ces zones d’ombre en assurant une traçabilité immédiate de chaque opération. Pour les décideurs municipaux, l’ambition va au-delà d’une simple mise à jour administrative. Les revenus fiscaux locaux représentent une ressource cruciale pour le financement de l’entretien des marchés, de l’hygiène urbaine et des prestations de proximité. Toutefois, les déficits liés aux paiements non déclarés pèsent constamment sur les budgets des grandes agglomérations d’Afrique centrale. En numérisant ce processus, Libreville emboîte le pas à des villes comme Abidjan, Dakar ou Kigali, qui ont déjà intégré les portefeuilles électroniques dans leur système fiscal.

Renforcer la collecte des recettes municipales

Cette initiative survient alors que le Gabon, engagé dans une période de transition politique, s’efforce de restaurer la confiance envers ses institutions publiques. La fiscalité locale est une priorité majeure, car elle détermine la capacité des municipalités à fournir des services concrets à leurs citoyens. Le système de paiement mobile a l’avantage d’éliminer les intermédiaires physiques qui peuvent occasionner des pertes budgétaires. Il procure également aux commerçants un reçu numérique officiel, facilitant ainsi leurs interactions avec l’administration. En pratique, les commerçants du marché peuvent désormais régler leurs redevances quotidiennes ou mensuelles directement depuis leur appareil mobile, sans passer par un agent. Ce dispositif tire parti des infrastructures existantes des opérateurs de télécommunications gabonais, pour qui le mobile money représente un moteur de croissance essentiel. L’adoption de la monnaie électronique au Gabon, notamment grâce à Airtel Money et Moov Money, crée un environnement propice à cette transformation.

Un banc d’essai pour l’autonomie financière locale

Néanmoins, la réussite de ce système est conditionnée par plusieurs facteurs. L’acceptation par les commerçants, dont certains privilégient encore les espèces pour des motifs culturels ou pratiques, sera le premier critère d’évaluation. La robustesse technique de la plateforme de paiement, incluant la couverture réseau et la clarté des justificatifs numériques, fera l’objet d’une surveillance attentive. De plus, la capacité de la mairie à intégrer ces transactions dans une comptabilité publique véritablement unifiée déterminera l’effet budgétaire de cette réforme. Au-delà du marché Mont-Bouët, cette initiative pourrait être étendue à d’autres points de vente de la capitale, ou même à d’autres localités du pays, si les retours initiaux se révèlent concluants. Cette approche n’est pas nouvelle : de nombreuses villes africaines ont débuté par un projet pilote avant d’étendre la digitalisation des paiements à l’ensemble de leurs recettes non fiscales. Pour Libreville, cette opération représente un véritable examen de sa compétence à harmoniser l’évolution numérique et la rigueur budgétaire. Ce projet s’inscrit également dans une dynamique régionale. La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) promeut activement depuis plusieurs années le développement de la monnaie électronique afin de diminuer la dépendance au numéraire et d’élargir la base fiscale. L’approche adoptée par Libreville contribue, à son niveau, à la réalisation de cet objectif.

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