Les matchs de préparation des bleus : 10 galops d’essai avant la coupe du monde
les matchs de préparation des bleus : 10 galops d’essai avant la coupe du monde

Alors que la Coupe du monde 2026 approche à grands pas, l’équipe de France de Didier Deschamps peaufine sa préparation avec deux matchs amicaux décisifs : face à la Côte d’Ivoire à Nantes et à l’Irlande du Nord à Lille. Ces rencontres, comme tant d’autres avant elles, ont marqué l’histoire des Bleus. Retour sur dix galops d’essai inoubliables.
Quelques jours avant le coup d’envoi de la compétition mondiale, prévue le 16 juin aux États-Unis face au Sénégal, les joueurs tricolores affûtent leur forme et leur cohésion. Deux défis attendent les hommes de Deschamps pour tester leur solidité avant le grand rendez-vous. Mais au fil des décennies, ces matchs de préparation ont souvent réservé des surprises — bonnes ou mauvaises — à la sélection française.
le drame de cissé et le penalty manqué de zidane
Le 7 juin 2006, la France affronte la Chine à Geoffroy-Guichard dans un match de préparation tendu. Djibril Cissé, titularisé par Raymond Domenech, entre en collision avec le capitaine chinois Zheng Zhi dès son premier ballon. Le choc est violent : double fracture tibia-péroné pour Cissé, une blessure qui rappelle celle subie avec Liverpool en 2004. Une image marquante pour un jour noir.
Ce même match voit également Zinédine Zidane rater le seul penalty de sa carrière en équipe de France. Un raté qui contraste avec ses deux réalisations en demi-finale et en finale du Mondial allemand, dont une panenka légendaire face à l’Italie. Malgré ces péripéties, les Bleus atteindront la finale.
la cuisse brisée, un tournant en 2002
Le 26 mai 2002, la France se mesure à la Corée du Sud à Suwon. Zidane, fraîchement auréolé de sa victoire en Ligue des champions avec le Real Madrid, est épuisé. Contre toute attente, il se blesse à la cuisse gauche, un incident qui préfigure la désillusion des Bleus au Mondial coréen : une élimination précocissime dès le premier tour.
Les observateurs se souviendront que les débats autour de l’équipe de Roger Lemerre se concentreront sur cette blessure, occultant les réelles faiblesses de l’équipe face au Sénégal, futur adversaire surprise.
«l’assassin» et la naissance d’une légende
Le 5 juin 1998, la Finlande reçoit la France à Helsinki. Après un but de David Trezeguet, Christophe Dugarry rate une occasion en or. Jean-Michel Larqué, commentateur vedette, le surnomme «l’assassin» en direct. Vexés, les Bleus refusent de se rendre sur le plateau de Téléfoot. Une semaine plus tard, Stéphane Guivarc’h, pourtant peu en vue, débute le Mondial contre l’Afrique du Sud… mais c’est Dugarry, avec son maillot numéro 21, qui inscrira le but décisif.
Cette préparation aboutira à un titre historique : les Bleus remporteront la Coupe du monde 1998.
une préparation rocambolesque en 1986
Le 21 mai 1986, à Tlaxcala au Mexique, l’équipe de France affronte le Guatemala dans des conditions rocambolesques. Henri Michel impose trois tiers-temps de 33 minutes chacun (pour un total de 98 minutes !) sur un terrain accidenté et à 2 230 mètres d’altitude. Jean Tigana dénonce alors l’imposition d’un horaire matinal, déclarant : «Des publicitaires de haut niveau nous imposent de jouer à midi.» Les Bleus réclameront une partie des droits de diffusion.
Malgré ce chaos, la France terminera troisième du Mondial mexicain.
boycott et provocation en 1978
Le 19 mai 1978, la Tunisie accueille la France à Villeneuve-d’Ascq. Une banderole provocatrice clame : «Argentine 1978 : pas de football entre les camps de concentration.» Le contexte politique est lourd, mais l’équipe de France, malgré un début poussif, s’impose 2-0 grâce à Michel Platini, entré en jeu en première mi-temps. Les supporters tunisiens moquent les Bleus avec des chants : «Au secours, Platini, au secours !»
Cette préparation ne suffira pas à éviter une élimination au premier tour du Mondial argentin.
en écossais, des matchs sans enjeu
En 1966, pour préparer le Mondial anglais, la France affronte des équipes écossaises modestes. Après deux victoires écrasantes (8-1 et 8-0), les Bleus s’imposent 11-2 face à Selkirk en trois tiers-temps. Lucien Muller, absent, critiquera cette tactique : «Je n’ai pas joué, car ma titularisation était exclue.»
Henri Guérin, le sélectionneur, saluera pourtant «un état d’esprit formidable». Mais l’équipe sera éliminée dès le premier tour en Angleterre.
just fontaine et l’explosion d’un buteur
Le 25 mai 1958, la France écrase une sélection de troisième et quatrième divisions suédoises par 12-0 ! Just Fontaine, alors peu prolifique en équipe nationale (seulement deux buts en cinq matchs), réalise un quadruplé. Une semaine plus tard, il récidive contre une sélection «supérieure» de Narke (12-0). La machine à buts est lancée : Fontaine inscrira 13 buts en Coupe du monde cette année-là, un record toujours inégalé.
La France terminera troisième du Mondial suédois.
un onze expérimental avant la Suisse 1954
Le 30 mai 1954, la Belgique reçoit une équipe de France largement remaniée par Gaston Barreau. Cinq cadres sont écartés, dont René Vignal et Roger Piantoni. Sur le terrain du Heysel, les Bleus alignent un onze inédit, tandis qu’une équipe de France B affronte l’Espagne en parallèle. Roger Marche, questionné sur sa place, ne participe ni à ce match ni à la compétition.
Cette préparation désorganisée n’empêchera pas une nouvelle élimination au premier tour en Suisse.
kimpton et l’échec du WM en 1934
Le 10 mai 1934, la Hollande bat la France 5-4 à Amsterdam. George Kimpton, entraîneur anglais, tente d’imposer un système tactique WM (3-2-5) peu utilisé en France. Mais c’est la défense tricolore qui craque. Kimpton critiquera sévèrement ses joueurs, déclarant à l’un d’eux : «Si Sindelar va aux toilettes, tu y vas aussi !» avant d’être rapidement écarté.
Cette préparation chaotique se soldera par une élimination au premier tour du Mondial italien.
une croisière mémorable en 1930
Le 10 juillet 1930, la France affronte la Roumanie à Montevideo pour le premier match de l’histoire de la Coupe du monde. Treize jours de croisière à bord du Conte Verde ont soudé l’équipe. Le journal L’Auto relate : «La partie dura une heure à la fin de laquelle la France l’emporta par 4 buts à 2.» Les Roumains, sélectionnés par le roi Carol II, avaient bénéficié de trois mois de congés offerts par leur monarque.
Malheureusement, cette préparation conviviale ne suffira pas : la France sera éliminée dès le premier tour.