Le plaidoyer de Cabral Libii pour une fin progressive de la peine de mort au Cameroun
Le plaidoyer de Cabral Libii pour une fin progressive de la peine de mort au Cameroun
Présent à Paris pour le 9e Congrès mondial contre la peine de mort, le député camerounais prône une abolition graduelle de la peine capitale.
Au 9e Congrès mondial contre la peine de mort, le député a porté la voix du Cameroun pour une abolition progressive
« Une société démocratique véritable est précisément celle qui parvient à concilier la protection de la vie, l’exigence de justice, la sécurité des citoyens et le respect de l’État de droit. Le défi est non seulement d’abolir la peine de mort, mais il est aussi de construire des institutions suffisamment fortes pour que la justice inspire confiance sans avoir besoin de recourir à l’irréversible », a déclaré Cabral Libii.
Le parlementaire a souligné qu’il fait partie des officiels, parlementaires et ministres de la justice de plus de 130 nationalités réunis à Paris pour ce congrès. Bien que le Cameroun n’ait pas encore aboli la peine capitale, il n’a procédé à aucune exécution depuis 1997, ce qui en fait un État abolitionniste de fait. C’est sur ce constat qu’il a fondé les cinq points de son plaidoyer.
- La protection de la vie comme valeur fondamentale : La communauté internationale, aux deux tiers, tend vers une réduction du recours à la peine capitale. Cette évolution mérite d’être examinée avec optimisme. Par ailleurs, exécuter un condamné pour montrer que tuer est mal compromet la repentance, le poids de la faute et la possibilité de réparer une erreur judiciaire.
- Un processus démocratique interne : Chaque État évolue selon son contexte historique, culturel et sécuritaire. L’abolition ne peut être durable que si elle vient d’un débat interne, porté par les institutions et accepté par la société. Le rôle des élus et de la société civile est primordial.
- Le moratoire de fait au Cameroun : Malgré la présence de la peine de mort dans le droit positif, le Cameroun applique un moratoire depuis près de trente ans. Cette pratique traduit une évolution positive.
- La qualité de la justice avant la sévérité : La lutte contre la criminalité repose sur une justice indépendante, impartiale et respectueuse des droits fondamentaux, bien plus que sur la sévérité des peines. C’est le sens de son combat personnel pour son pays.
- L’adaptation aux réalités nationales : La progression des droits fondamentaux s’inscrit dans un standard mondial, mais celui-ci doit être mis en œuvre en tenant compte des réalités locales pour préserver sa légitimité.
En conclusion, Cabral Libii a insisté : « Le débat sur la peine de mort ne saurait opposer les défenseurs des droits de l’homme aux défenseurs de la sécurité ou de la rigidité judiciaire. Une société démocratique véritable est précisément celle qui parvient à concilier la protection de la vie, l’exigence de justice, la sécurité des citoyens et le respect de l’État de droit. »