Le Gabon peut-il devenir le singapour de l’afrique grâce à l’expérience chinoise dans son administration ? International Par Ali Mahamane - 24 octobre 20260 Enregistrer en PDFÉcouter la lecture5 min×1 Une collaboration stratégique pour transformer l’administration gabonaise Libreville mise désormais sur un partenariat inédit avec Pékin pour réinventer son administration publique. Lors d’un entretien récent, Laurence Ndong, ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, a posé les bases d’une coopération ciblée, axée sur trois leviers majeurs : la digitalisation totale des services publics, l’optimisation des performances opérationnelles et la montée en compétences des agents. Objectif affiché : alléger la bureaucratie et doter le Gabon d’une gouvernance moderne et efficace. Des méthodes chinoises pour répondre à quels défis ? Le modèle proposé par la Chine s’articule autour de principes éprouvés en matière de gestion publique. Libreville espère ainsi s’inspirer des pratiques chinoises pour accélérer sa mue administrative, tout en réduisant les lourdeurs qui freinent son développement économique. Parmi les solutions envisagées : Un passage systématique au numérique : dématérialisation des démarches, simplification des processus, suppression des intermédiaires inutiles. Une culture de la performance : mise en place d’indicateurs de résultats, évaluation régulière des agents, incitations à l’innovation. Un investissement dans le capital humain : formations sur mesure pour les hauts fonctionnaires, échanges avec des experts chinois, transferts de savoir-faire. Un cadre fixé par les engagements du FOCAC Cette initiative s’inscrit dans la continuité des promesses faites lors du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), où Pékin a annoncé un fonds de 50 milliards de dollars sur trois ans pour soutenir les pays africains. Le Gabon, comme ses voisins, pourrait en bénéficier, mais aucune ligne budgétaire n’est encore attribuée spécifiquement à la modernisation administrative. Jusqu’ici, l’aide chinoise au Gabon se concentrait sur les grands projets d’infrastructures — routes, barrages, équipements publics — tandis que l’ingénierie des processus obtient désormais une place centrale. Quels bénéfices concrets pour le Gabon ? Pour Libreville, l’enjeu dépasse la simple efficacité : il s’agit de poser les fondations d’une économie diversifiée et résiliente, moins dépendante des hydrocarbures. Trois avantages majeurs se dessinent : Une gouvernance allégée : des procédures simplifiées attireront davantage d’investisseurs et fluidifieront les échanges avec l’extérieur. Des économies budgétaires : moins de gaspillages, une meilleure allocation des ressources, un contrôle accru des dépenses publiques. Un levier de compétitivité régionale : en alignant ses standards sur ceux des économies émergentes, le Gabon pourrait renforcer son attractivité face au Sénégal ou à la Côte d’Ivoire. Une caution politique et économique pour Pékin Pour la Chine, ce rapprochement technique renforce sa présence historique dans le bassin du Congo. En proposant son expertise en gestion publique, Pékin élargit son influence au-delà des secteurs traditionnels et sécurise un partenariat durable. Libreville, de son côté, y voit une opportunité de dépasser le modèle des infrastructures pour s’engager dans une réforme structurelle. Les deux parties partagent une conviction : une administration performante est un prérequis pour séduire les investisseurs et assoir une croissance inclusive. Les prochaines semaines devraient préciser les contours concrets de cette collaboration, avec des programmes de formation alignés sur les priorités nationales. Pour l’instant, ni calendrier, ni montant, ni détail des modules n’a été dévoilé. Un pari audacieux à haut risque Si les intentions sont louables, la partie n’est pas encore gagnée. Le Gabon devra composer avec plusieurs défis : La résistance au changement : les habitudes bureaucratiques sont ancrées, et les réformes pourraient se heurter à des freins internes. L’adéquation entre offre et besoins : les solutions chinoises, conçues pour un contexte différent, devront être adaptées au terrain gabonais. La pérennité des financements : sans un engagement clair de Pékin, les projets pourraient rester au stade de la promesse. Reste à savoir si ce partenariat inédit permettra au Gabon de franchir une étape décisive vers une administration 2.0, ou si les promesses resteront lettres mortes. Une chose est sûre : l’avenir économique du pays en dépend largement. Par Ali Mahamane — Journaliste Fils d'actualité (RSS)Ajoutez nos flux XML à votre agrégateur RSS (Feedly, Inoreader, Thunderbird...)InternationalTous les articles