21 juillet 2026

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Le capitaine ibrahim traoré rejette la démocratie pour le Burkina Faso

Le capitaine Ibrahim Traoré considère que la démocratie n’a pas sa place au Burkina Faso

Portrait du capitaine Ibrahim Traoré en tenue militaire avec béret rouge

Dans une déclaration télévisée diffusée jeudi soir, le capitaine Ibrahim Traoré, chef de l’État burkinabè, a marqué les esprits en qualifiant la démocratie de système « qui tue » et en appelant la population à l’oublier. « Les Burkinabè doivent tourner la page de la démocratie. Ce système n’est pas fait pour nous », a-t-il affirmé avec conviction.

Lors de cette intervention, le dirigeant militaire de 38 ans, qui se présente comme un révolutionnaire anti-impérialiste, a justifié sa position en évoquant l’exemple de la Libye. « Regardez ce qui s’est passé en Libye », a-t-il lancé, rappelant que le renversement de Mouammar Kadhafi, après des décennies de régime autoritaire, avait plongé ce pays dans le chaos. Depuis sa chute, la Libye est déchirée entre des factions rivales et des groupes armés, sans élection organisée et avec une instabilité persistante.

Un système politique jugé inadapté aux réalités africaines

Le capitaine Traoré a estimé que la plupart des Africains ne souhaitaient pas s’inscrire dans un cadre démocratique traditionnel. Il a critiqué ouvertement les partis politiques, les qualifiant de « sources de division et de danger », incompatibles avec son projet révolutionnaire. « En Afrique, surtout au Burkina Faso, un homme politique incarne tous les travers : il ment, flatte, et promet sans tenir », a-t-il dénoncé.

Il a insisté sur la nécessité de bâtir un système fondé sur la souveraineté nationale, le patriotisme et la mobilisation populaire, où les chefs traditionnels et les structures locales occuperaient une place centrale. « Nous avons notre propre voie. Nous ne cherchons pas à copier qui que ce soit. Notre objectif est de transformer radicalement la manière dont les choses fonctionnent », a-t-il déclaré.

Autonomie économique et travail intensif : les piliers du nouveau modèle

Le chef de la junte a souligné l’urgence de renforcer l’autonomie économique et militaire du Burkina Faso. Pour lui, des journées de travail de six à huit heures ne suffiront pas à permettre au pays de combler son retard face aux nations plus prospères. « Il faut travailler plus, produire davantage, et compter uniquement sur nos propres forces », a-t-il martelé.

Cette vision s’accompagne d’une répression accrue envers l’opposition, les médias et la société civile. Des détracteurs du régime ont notamment été envoyés en première ligne dans le conflit contre les groupes islamistes, selon des observateurs.

Un soutien continental malgré les critiques

Malgré les controverses, Ibrahim Traoré bénéficie d’un soutien significatif en Afrique pour sa dénonciation de l’influence occidentale et son discours panafricaniste. Le Burkina Faso, comme ses voisins le Mali et le Niger, a rompu ses partenariats militaires avec les pays occidentaux, notamment la France, dans la lutte contre le terrorisme. Ces trois nations se tournent désormais vers la Russie pour obtenir un appui sécuritaire, mais les violences persistent.

Un récent rapport de Human Rights Watch révèle que plus de 1 800 civils ont été tués au Burkina Faso depuis le coup d’État de 2023. Selon l’organisation, les deux tiers de ces victimes sont imputables à l’armée et aux milices pro-gouvernementales, le reste étant attribué aux groupes armés islamistes.

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