26 juin 2026

Eveil des Nations

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Le Cameroun, acteur clé de la stratégie américaine de Donald Trump face à la Chine

Dès son premier mandat, Donald Trump a opéré une refonte fondamentale de la politique étrangère des États-Unis, orientée vers une confrontation directe avec la Chine, perçue comme le principal rival à l’hégémonie américaine mondiale.

L’administration Trump a élevé la question de l’indépendance vis-à-vis des terres rares chinoises au rang de priorité stratégique absolue. Pour mener cette offensive, Washington s’appuie fortement sur l’entreprise GreenMet.

Dirigée par son PDG Drew Horn, un ancien haut responsable de la sécurité nationale de Trump et conseiller principal du Directeur du renseignement national, GreenMet a discrètement organisé une rencontre à Yaoundé il y a quelques mois. Drew Horn incarne une initiative américaine dont les acteurs clés sont d’anciens collaborateurs proches de Donald Trump, tels que Georges Sorial, son ancien conseiller juridique, et Keith Schiller, l’ancien Directeur de la sécurité de la Trump Organization.

Au cœur de cette stratégie américaine, orchestrée par Drew Horn et GreenMet, une délégation de hauts fonctionnaires américains s’est rendue au Cameroun pour la signature de Mémorandums d’Entente (MoU). Bien que le contenu de ces accords n’ait pas été divulgué par le groupe américain, il est établi qu’American Renaissance Minerals (ARM), directement affiliée à GreenMet, détient désormais une position prépondérante sur le projet de nickel et de cobalt de Nkamouna. Par ailleurs, les terres rares figurent également parmi les objectifs prioritaires de Washington au Cameroun.

L’engagement de Donald Trump envers le Cameroun est tel qu’il a contourné les restrictions du Congrès américain qui avaient exclu le pays de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA). Le président américain privilégie désormais la Chambre de commerce américaine au Cameroun (AmCham) pour la concrétisation des accords commerciaux.

Contrairement à la Chine, fortement impliquée dans l’extraction de minéraux stratégiques en République Démocratique du Congo, les États-Unis – qui visent à investir dans la transformation pour réduire leur empreinte carbone – ont conditionné leur soutien au gouvernement camerounais à une transparence accrue dans les secteurs extractif et juridique.

Les services de renseignement américains auraient d’ailleurs agi suite aux révélations de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) concernant les trafics illicites d’or, et Washington collabore activement avec Yaoundé pour identifier et sanctionner les responsables de ce pillage.

L’action des États-Unis ne se limite pas à l’économie. La diplomatie américaine a drastiquement réduit le nombre de pays africains habilités à délivrer des visas américains. Le Cameroun fait partie des vingt nations retenues sur cinquante à l’échelle du continent. Sur le plan sécuritaire, le président Paul Biya a accueilli successivement à Yaoundé le général Dagvin Anderson, alors commandant de l’AFRICOM, en septembre 2025, puis le lieutenant-général John William Brennan Jr., commandant adjoint de l’AFRICOM, en mai 2026.

L’amélioration du climat des affaires représente une priorité majeure pour Washington. Christopher Lamora a souligné en début d’année, après un entretien avec le président Paul Biya : « J’aimerais sincèrement voir davantage d’entreprises américaines investir au Cameroun, développer des relations commerciales et créer des partenariats, y compris des coentreprises entre sociétés américaines et camerounaises. C’est bénéfique pour les deux pays : cela crée des emplois aux États-Unis, soutient l’industrie américaine – ce qui est une priorité du Président Trump – et stimule aussi l’économie camerounaise ».

Washington est déterminé à relever le défi posé par la Chine, qui a investi plus de 700 milliards de dollars dans 49 pays africains.

Certains analystes de la politique de Trump interprètent cette stratégie comme une ambition de transformer des nations cibles telles que le Cameroun, le Nigeria et le Kenya, à l’image des « dragons d’Asie » (Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong, Singapour) en leur temps.

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