9 mai 2026

Le Burkina Faso face aux violations des droits humains des Peuls

À l’approche de la clôture de la 45ème session du Conseil des droits de l’homme, l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et les membres de son Réseau SOS-Torture pressent le rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits des peuples autochtones, ainsi que l’ensemble des participants au Conseil, de porter une attention accrue à la situation des populations Peules au Burkina Faso, gravement affectées par le conflit antiterroriste au Sahel.

Depuis 2016, les Peuls du Burkina Faso sont la cible de sérieuses atteintes aux droits fondamentaux, des actes qui pourraient être qualifiés de crimes internationaux. L’ampleur des massacres perpétrés dans plusieurs régions suggère même un possible nettoyage ethnique, compte tenu de leur nature massive, généralisée et systématique.

Ces violations se manifestent fréquemment par des exécutions extrajudiciaires visant des milliers de civils. Ces actes sont imputables soit aux forces de sécurité, souvent appuyées par des groupes d’autodéfense soutenus par l’État, soit à des entités armées non-étatiques. De janvier 2019 à mai 2020, des centaines d’individus ont été massacrés dans des localités telles que Yirgou, Kain Ouro, Banh, Barga, Djibo et Tawalbougou. Parallèlement, des milliers d’autres civils, dont de nombreux enfants, endurent des conditions de détention inhumaines dans des établissements comme les prisons de Kaya et Loumbila, suite à des arrestations arbitraires et des séquestrations au secret, sans accès à la justice ni à une représentation légale. Cette situation est aggravée par un climat de discrimination et de stigmatisation, exacerbant l’insécurité alimentaire de ces communautés.

Malgré la publication de multiples rapports et le dépôt de plaintes formelles auprès des juridictions, les autorités burkinabées n’ont pas encore entrepris d’identifier et de sanctionner les auteurs de ces atrocités. Nous exhortons le Conseil des droits de l’homme à formuler des recommandations claires au gouvernement du Burkina Faso afin qu’il mette en œuvre toutes les dispositions sécuritaires et judiciaires nécessaires pour garantir la protection de cette population vulnérable.

Copyright © All rights reserved. | Newsphere par AF themes