Côte d’Ivoire : Ouattara trace une voie vers une croissance inclusive et un État de droit renforcé
Côte d’Ivoire : Ouattara trace une voie vers une croissance inclusive et un État de droit renforcé
Abidjan, Côte d’Ivoire — Alors que la Côte d’Ivoire commémore son indépendance, le président Alassane Dramane Ouattara lance un appel à une refonte stratégique du pays. Son discours dépasse les seuls indicateurs économiques ou sécuritaires pour se concentrer sur deux piliers indissociables : accélérer la transformation nationale tout en consolidant les fondements de la justice sociale.
Avec l’ambition affichée de bâtir une « Grande Côte d’Ivoire », le chef de l’État invite l’ensemble des acteurs — institutions publiques, partenaires économiques, forces politiques, société civile, chefs traditionnels, communautés religieuses et diaspora — à s’unir autour d’un projet collectif. Cette vision ne se limite pas à une simple continuation des politiques existantes : elle marque une volonté de dépasser les clivages partisans pour faire de la croissance un levier de cohésion nationale.
Une vision économique redimensionnée pour une Côte d’Ivoire unie
L’appel à la « Grande Côte d’Ivoire » s’appuie sur une dynamique économique déjà solide, portée par des investissements massifs dans les infrastructures, les réseaux de transport, les ressources énergétiques et les capacités portuaires. Le nouveau Plan national de développement 2026-2030 incarne cette ambition en fixant des objectifs ambitieux : hisser le pays vers un nouveau niveau de prospérité tout en garantissant que cette progression profite à tous les citoyens.
Pourtant, la réussite de ce projet ne se mesurera pas uniquement aux réalisations matérielles — tours modernes à Abidjan, autoroutes reliant les régions, ou ports toujours plus performants. Elle dépendra surtout de la capacité du pays à résorber les inégalités territoriales, à offrir des perspectives tangibles à sa jeunesse et à convertir la croissance en amélioration concrète des conditions de vie. La « Grande Côte d’Ivoire » ne sera crédible que si elle se traduit par une réalité sociale tangible.
Modernisation sans arbitraire : l’équilibre délicat entre efficacité et légalité
Dans son allocution télévisée, le président Ouattara a réaffirmé la nécessité de poursuivre les opérations de sécurisation des zones à risque, notamment face aux menaces d’inondations aggravées par les pluies diluviennes. Cependant, il a posé une limite claire : aucune action ne peut s’affranchir du cadre légal.
Les interventions controversées, comme celles signalées à Koumassi, font aujourd’hui l’objet d’enquêtes approfondies. L’objectif est sans ambiguïté : identifier les responsables et appliquer les sanctions prévues par la loi. Cette position envoie un message fort : le développement ne doit pas se construire au détriment des droits fondamentaux des citoyens. Une politique urbaine ambitieuse, voire nécessaire, ne peut justifier des déplacements forcés ou des expropriations sans garanties procédurales.
Cette posture illustre une philosophie plus large : un État peut être résolument modernisateur sans sacrifier son propre État de droit. Il peut bâtir, aménager et protéger sans basculer dans l’arbitraire. La force de l’institution réside précisément dans sa capacité à concilier fermeté et respect des règles qu’elle a elle-même édictées.
Le défi de la cohérence : entre croissance et inclusion
La Côte d’Ivoire se trouve aujourd’hui face à un défi plus complexe que la seule quête de croissance. Le pays doit prouver qu’une puissance économique régionale peut, simultanément, moderniser ses infrastructures, garantir la stabilité, protéger ses populations et préserver la confiance dans ses institutions.
C’est à ce niveau que le discours du président prend toute sa dimension. L’appel à l’unité nationale n’aura de sens que si chaque segment de la société — du citoyen ordinaire aux acteurs économiques — se reconnaît dans ce projet commun. De même, l’État de droit ne peut se réduire à une notion abstraite : il doit s’incarner dans chaque décision, y compris celles prises au nom de l’État.
Le président Ouattara esquisse ainsi une feuille de route où la rapidité de la transformation, la rigueur de la gestion publique et l’inclusivité des politiques se renforcent mutuellement. La « Grande Côte d’Ivoire » ne sera pas seulement un slogan ou une accumulation de projets pharaoniques. Elle sera évaluée à l’aune de sa capacité à concilier puissance publique, équité et participation citoyenne. C’est cette cohérence — bien plus que les promesses — qui déterminera si la prochaine étape ivoirienne marque un véritable tournant historique.