La France soutient la rdc dans sa lutte pour une gouvernance équitable des ressources naturelles
La France s’engage aux côtés de la RDC pour une gestion transparente des ressources naturelles
Lors de la présidence congolaise du Conseil de sécurité de l’ONU en juillet 2026, la RDC a placé au cœur des débats internationaux la question cruciale de la gouvernance des ressources naturelles. Une réunion de format « Arria » s’est tenue à New York le 13 juillet, suivie d’un débat de haut niveau le 22 juillet sous la présidence de Félix Tshisekedi. Le thème central : « La gouvernance des ressources naturelles, fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité ».
Une lacune normative à combler
Le ministère congolais des Affaires étrangères, dirigé par Thérèse Kayikwamba Wagner, a pointé du doigt un défaut de cohérence dans les mécanismes internationaux existants. Malgré des avancées comme la traçabilité des minerais ou les devoirs de diligence des entreprises, les dispositifs restent dispersés. Kinshasa plaide pour un cadre international intégré, associant gouvernance des ressources, prévention des conflits et sécurité collective.
L’objectif ? Transformer ces ressources non plus en simple enjeu économique, mais en levier stratégique pour la stabilité mondiale, notamment en Afrique centrale.
La France réaffirme son soutien
Réagissant à cette initiative, Jérôme Bonnafont, ambassadeur de France à l’ONU, a déclaré :
« Les ressources naturelles doivent être un levier de développement durable et équitable, au bénéfice des populations et des pays qui les abritent. Elles doivent être protégées contre les prédateurs et contre leur détournement à des fins malveillantes. La France soutient pleinement l’objectif de la RDC de renforcer la cohérence des initiatives internationales pour un usage responsable de ces ressources. Nous sommes déterminés à contribuer activement aux travaux du Conseil qui accompagneront le débat de haut niveau organisé par la RDC. »
Cette prise de position s’inscrit dans la continuité des efforts diplomatiques de Kinshasa, qui mise sur une diplomatie proactive pour faire de la gestion des ressources naturelles un pilier de la paix régionale.
Contexte géopolitique et défis persistants
Cette offensive diplomatique intervient alors que la RDC renforce ses partenariats stratégiques, notamment avec les États-Unis sur les minerais critiques, et l’accord de Washington signé avec le Rwanda. Cet accord prévoit le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et la neutralisation des groupes armés, dont les FDLR, considérés comme une menace par Kigali. Malgré ces avancées, la situation sécuritaire reste précaire dans l’est de la RDC.
Les rebelles de l’AFC/M23, accusés d’être soutenus par le Rwanda et contrôlant des zones stratégiques comme Goma et Bukavu, prolongent les tensions. Les négociations de Doha, sous égide qatarie, piétinent, révélant un décalage entre les engagements diplomatiques et la réalité du terrain.
Vers une nouvelle approche internationale ?
La démarche de la RDC pourrait inspirer une refonte des normes onusiennes. En plaçant la gouvernance des ressources au cœur de l’agenda du Conseil de sécurité, Kinshasa cherche à rééquilibrer les priorités : sécurité, développement et justice économique. Une vision partagée par la France, qui y voit une opportunité de renforcer la stabilité en Afrique centrale.
Alors que les conflits liés aux ressources minérales (or, coltan, cobalt) alimentent les violences dans la région, cette initiative pourrait marquer un tournant dans la lutte contre l’exploitation illégale et le financement des groupes armés.