La Conférence épiscopale du Congo s’oppose fermement à la réforme constitutionnelle en RDC
La Conférence épiscopale du Congo s’oppose fermement à la réforme constitutionnelle en RDC
Le refus de toute modification constitutionnelle, jusqu’alors principalement défendu par l’opposition politique, bénéficie désormais du soutien crucial de la Cenco, dont la voix porte un poids considérable au sein de la population congolaise. L’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Cenco, a souligné que la réforme envisagée par le pouvoir n’était ni nécessaire, ni urgente, ni opportune.
Il a instruit les ecclésiastiques et agents pastoraux à diffuser largement ce message, exhortant les fidèles et toutes les personnes de bonne volonté à une prise de conscience pour contrer les tentatives de modification constitutionnelle. La Cenco a également signalé qu’elle se réservait le droit d’annoncer des actions concrètes en temps voulu.
Les évêques de la République démocratique du Congo cherchent manifestement à influencer le débat politique en alertant sur des initiatives qu’ils jugent risquées, capables de fragiliser davantage un pays déjà confronté à l’insécurité persistante dans l’Est et à des tensions sociales latentes.
Néanmoins, l’opinion publique à Kinshasa reste divisée face à la position de la Cenco. Une jeune femme a exprimé son soutien au président, arguant qu’il œuvre pour l’intérêt général et que la perception d’un éventuel nouveau mandat ne devrait pas éclipser ses actions. Une autre citoyenne a soulevé la question de l’opportunité d’une telle réforme, rappelant l’état de siège et les conflits dans l’Est du pays. À l’inverse, un jeune homme a suggéré que la Constitution devait évoluer pour permettre à la République démocratique du Congo de mieux s’affirmer sur la scène internationale, notamment en facilitant la signature de traités.
Le poids de la Cenco
Bien que la Cenco ne possède pas de pouvoir institutionnel direct pour empêcher une révision constitutionnelle, son influence sociale, politique et diplomatique est incontestable. Le politologue Christian Moleka confirme ce constat, en expliquant que l’Église catholique a la capacité de mobiliser l’ensemble du territoire national, un atout que d’autres confessions religieuses ne possèdent pas. Il met également en avant son important levier diplomatique, sa voix résonnant non seulement dans les rues de Kinshasa mais aussi sur la scène internationale.
Tandis que le débat politique s’intensifie, l’opposition a d’ores et déjà planifié une manifestation de grande envergure pour le 8 juillet, exigeant la démission du Président Félix Tshisekedi. En réponse, le secrétaire général de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), le parti présidentiel, a accusé l’opposition de chercher à provoquer un soulèvement populaire à travers le pays.