28 avril 2026

Force armée conjointe de l’AES : un pas symbolique contre le terrorisme au Mali

L’AES accélère la création de sa force armée conjointe, une avancée encore limitée face au terrorisme

Les juntes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), poursuivent leur objectif de souveraineté en s’affranchissant des alliances traditionnelles. Ces régimes, issus de coups d’État entre 2020 et 2023, misent désormais sur une coopération renforcée pour contrer la menace jihadiste qui sévit dans la région.

Un sommet historique à Bamako pour lancer une force multinationale

À Bamako, le président malien Assimi Goïta a accueilli lundi son homologue nigérien, le général Abdourahamane Tiani, pour lancer officiellement la Force Unifiée de l’AES (FU-AES). Le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la junte burkinabè, devait rejoindre la rencontre le lendemain, selon les autorités maliennes.

Lors de cet événement, Assimi Goïta a remis un étendard à la FU-AES, marquant symboliquement le début de ses opérations. Cependant, aucune date précise n’a été annoncée pour son déploiement effectif sur le terrain. Les discussions ont également porté sur la lutte contre l’expansion des groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, qui menacent la stabilité des trois pays depuis plus d’une décennie.

Une menace jihadiste qui s’étend et asphyxie l’économie

Les attaques des groupes terroristes se sont intensifiées, notamment dans le sud du Mali, où ils perturbent gravement l’activité économique. Au Burkina Faso et au Niger, leur présence persistante force des milliers de civils à fuir leurs foyers, aggravant une crise humanitaire déjà critique. Malgré les efforts des juntes, ces mouvements restent enracinés et difficiles à déloger.

Un responsable du ministère malien de la Défense a assuré : « Nous avons mobilisé les ressources nécessaires. Chaque pays a contribué en hommes et en matériel. Nous combattrons ensemble sur le terrain. » Cette déclaration reflète l’engagement des trois nations à mutualiser leurs moyens pour endiguer la crise sécuritaire.

D’autres projets d’intégration pour renforcer l’autonomie de l’AES

En marge du sommet, les dirigeants ont inauguré les locaux de la Télévision AES, dont la date de lancement reste à préciser. Ce média vise à promouvoir une vision commune et à renforcer la cohésion entre les populations des trois pays.

Par ailleurs, les participants ont validé la création d’une banque d’investissement commune, basée à Bamako, afin de financer des projets économiques locaux et réduire la dépendance aux partenaires internationaux. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de l’AES de s’éloigner des anciennes puissances coloniales et de la CEDEAO, au profit de partenariats avec des acteurs comme la Russie.

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