Finale PSG-Arsenal : le défi de la sécurité des fan-zones en Île-de-France
À l’approche de la finale de la Ligue des Champions qui opposera le Paris Saint-Germain à Arsenal le 30 mai, l’organisation des retransmissions publiques en Île-de-France se heurte à d’importants enjeux de sécurité. Paris ne prévoit pas de fan-zones officielles, une décision prise également l’année dernière. La préfecture de police a exprimé sa réticence, justifiée par la mobilisation massive des forces de l’ordre pour trois concerts d’envergure prévus simultanément au Stade de France, à La Défense Arena et à l’Accor Arena. Pour les supporters parisiens, une projection du match sur écran géant est envisagée au Parc des Princes, avec des billets disponibles à partir de 19 euros. Les bars et restaurants de la capitale se préparent également à accueillir les foules. Cependant, à travers toute l’Île-de-France, la mise en place de ces célébrations populaires est perçue comme un véritable casse-tête sécuritaire.

Concertation avec les autorités préfectorales
La présence de fan-zones pour cette finale s’annonce limitée. Pour l’heure, aucune n’a été confirmée dans les Hauts-de-Seine, où le préfet Alexandre Brugère a explicitement déconseillé aux maires d’en organiser, afin de concentrer les effectifs de sécurité sur Paris. En Seine-Saint-Denis, des discussions sont toujours en cours entre la préfecture et les élus locaux. Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, a souligné le 14 mai sur ses réseaux sociaux l’importance d’obtenir des garanties de la préfecture pour assurer la sécurisation de ces espaces. Il a également manifesté son souhait de soutenir les initiatives d’acteurs associatifs désireux de proposer des « fan-zones populaires et citoyennes », sous réserve d’une sécurité adéquate.
Certaines villes, comme Trappes et Carrières-sous-Poissy, ont néanmoins prévu des retransmissions. Un événement d’une capacité de 8 000 personnes est aussi prévu au Camp des Loges à Saint-Germain-en-Laye, lieu emblématique du PSG. Ce site clos offre des conditions de sécurité plus faciles à gérer que l’espace public, surtout dans le contexte du plan Vigipirate « urgence attentat ». Arnaud Péricard, le maire de Saint-Germain-en-Laye, a d’ailleurs constaté qu’organiser un événement sur la voie publique est devenu « quasiment impossible ». Il a rappelé que même la Fête des Loges, traditionnellement en accès libre, nécessite désormais un périmètre bouclé et des contrôles aux entrées, illustrant une problématique de sécurité qui dépasse le seul cadre du football.
Un sentiment d’échec pour les rassemblements populaires
Pour Maître Cyril Dubois, avocat représentant le collectif de supporters Ultras Paris, l’impossibilité d’organiser des rassemblements spontanés dans les rues est un constat d’échec. « Qu’on n’arrive plus à créer ces événements populaires qui rassemblent sans qu’il y ait de casse, oui c’est un échec », a-t-il déploré, ajoutant que « l’on n’essaye même plus de créer des fan-zones à Paris ». Il a également rappelé que l’absence de fan-zones lors de la demi-finale n’avait pas empêché des débordements. Après la victoire en demi-finale contre le Bayern, 127 personnes avaient été interpellées dans l’agglomération parisienne. L’année précédente, la finale avait entraîné 491 arrestations et la perte de deux vies, l’une à Paris et l’autre à Dax, en marge des célébrations.