29 juin 2026

Eveil des Nations

Média panafricain dédié à l'éveil politique et culturel des nations africaines.

Est de la rdc : la Chine dénonce le pillage des ressources par les puissances étrangères

Est de la RDC : la Chine dénonce le pillage des ressources par les puissances étrangères

Lors d’une intervention remarquée au Conseil de sécurité des Nations Unies, l’ambassadeur chinois à l’ONU a tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences du pillage des ressources naturelles dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Une situation qui, selon Pékin, alimente les conflits persistants dans la région des Grands Lacs.

Fu Cong, représentant permanent de la Chine auprès de l’ONU, a rappelé que l’exploitation illicite des richesses minières congolaises représente l’une des principales causes de l’instabilité régionale. Face à l’urgence humanitaire et sécuritaire qui frappe la RDC, il a appelé la communauté internationale à agir sans délai pour inverser la tendance actuelle.

Des ressources naturelles transformées en enjeu de pouvoir

Les provinces de l’Est de la RDC, riches en minerais stratégiques tels que le coltan, l’or ou encore l’étain, subissent depuis plus de trois décennies les conséquences d’une guerre économique. Ces ressources, pillées par des groupes armés et des acteurs extérieurs, privent l’État congolais de recettes essentielles et alimentent un commerce illicite transfrontalier.

« Les ressources naturelles de la RDC auraient dû être le moteur d’un développement national, mais elles sont aujourd’hui une source de conflit et de souffrance pour les populations », a déclaré Fu Cong lors de son allocution. Il a pointé du doigt le rôle des groupes armés, dont l’Alliance des Forces Démocratiques (AFC)/M23, qui contrôlent des sites miniers clés comme celui de Rubaya, pour alimenter leur économie de guerre.

Une gouvernance minière transparente comme solution

Pour mettre fin à ce cycle de prédation, la Chine a plaidé en faveur d’une coopération minière régionale transparente et inclusive. Fu Cong a souligné que « la transparence et la traçabilité dans les exportations de minerais doivent être renforcées pour couper court aux circuits illégaux ».

Pékin a également appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à soutenir les initiatives régionales visant à sécuriser le secteur minier. L’ambassadeur chinois a insisté sur la nécessité de promouvoir une approche coopérative, excluant toute logique de « somme nulle » où les puissances extérieures utiliseraient les ressources congolaises comme monnaie d’échange dans les négociations géopolitiques.

« Les grandes puissances extérieures à la région doivent éviter de traiter les ressources naturelles comme un levier dans les conflits régionaux. La coopération doit être ouverte et profitera à tous, en particulier aux populations locales », a-t-il martelé.

Des accords en suspens et une crise qui persiste

Malgré les efforts diplomatiques, comme l’Accord de Washington parrainé par les États-Unis ou le processus de Doha sous l’égide du Qatar, la situation sur le terrain reste critique. Kinshasa et Kigali s’accusent mutuellement de ne pas respecter leurs engagements, tandis que les populations des provinces de l’Est continuent de payer le prix fort des violences et de l’instabilité.

Les autorités congolaises dénoncent depuis longtemps ce qu’elles qualifient de guerre économique menée par le Rwanda, à travers des groupes armés qu’elles accusent d’être des « supplétifs ». Kigali rejette catégoriquement ces allégations, mais le conflit persiste, aggravé par la résurgence de l’épidémie d’Ebola et une crise humanitaire de plus en plus alarmante.

Vers une issue durable ?

Alors que le conflit s’éternise, la Chine a réaffirmé son soutien aux mécanismes régionaux de paix et de sécurité. Elle a appelé à une coopération renforcée entre les pays de la région et les acteurs internationaux pour rétablir la paix et permettre aux Congolais de bénéficier pleinement de leurs richesses naturelles.

« La communauté internationale doit œuvrer de concert pour mettre fin à cette spirale de violence et permettre à la RDC de se développer », a conclu Fu Cong, rappelant que la stabilité de la région des Grands Lacs est indissociable d’une gouvernance juste et transparente des ressources.

Mines de Rubaya, un site stratégique au cœur des tensions
Copyright © All rights reserved. | Newsphere par AF themes