23 juin 2026

Eveil des Nations

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Crise de l’eau et de l’électricité au Gabon : la seeg sous pression après un milliard de francs cfa investis

Gabon : face aux coupures répétées, l’État exige des comptes à la SEEG

Libreville — Après trois ans de transition et près d’un milliard de francs CFA injectés dans le secteur de l’énergie et de l’eau, la situation reste critique au Gabon. L’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), parti présidentiel fondé par le général Brice Clotaire Oligui Nguema, pointe désormais du doigt la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), exigeant des résultats concrets.

Un milliard de francs CFA sans amélioration tangible

La question est simple : comment justifier l’investissement massif de près d’un milliard de francs CFA en trois ans sans que les Gabonais ne ressentent une amélioration notable de leur quotidien ? Dans un communiqué sans ambiguïté, le cabinet politique de Jean-Pierre Oyiba, proche du pouvoir, dénonce l’incapacité persistante de la SEEG à garantir un service public de qualité.

Cette prise de position marque un tournant. Pour la première fois depuis le début de la transition, un parti au pouvoir interpelle publiquement l’opérateur historique sur ses manquements. Une sortie qui reflète l’exaspération grandissante des citoyens face à une situation devenue insoutenable.

Une crise aux répercussions multiples

Les Gabonais subissent au quotidien les conséquences de cette défaillance :

  • Délestages fréquents et coupures prolongées dans la capitale comme dans les zones rurales
  • Pénuries d’eau récurrentes dans plusieurs quartiers de Libreville et dans les provinces
  • Réseaux vétustes et retards dans les travaux de modernisation
  • Surcoûts pour les entreprises et les ménages, contraints d’investir dans des solutions alternatives onéreuses

Pour l’UDB, l’argument du « legs du passé » ne tient plus. « L’État a mobilisé des ressources exceptionnelles pour réhabiliter et moderniser le secteur. Ces fonds devaient permettre une amélioration immédiate des services », rappelle le parti. Pourtant, les résultats restent largement en deçà des promesses.

L’impact économique est lourd : les commerces subissent des pertes, les industries dépendent de groupes électrogènes coûteux, tandis que les ménages voient leur qualité de vie se dégrader. Dans un pays qui vise à devenir un pôle d’attractivité régionale, la fiabilité énergétique est pourtant un critère essentiel pour attirer les investisseurs.

La question de la responsabilité managériale

Au-delà des critiques, l’UDB soulève un point crucial : la gestion de l’eau et de l’électricité ne relève pas d’une simple prestation commerciale. Ces services conditionnent la santé publique, l’éducation, la sécurité et la stabilité sociale. Leur efficacité dépend donc de compétence, transparence et redevabilité.

Le communiqué du parti présidentiel introduit une notion rare dans ce débat : l’obligation de rendre des comptes. En mettant en lumière l’écart entre les moyens engagés et les résultats obtenus, l’UDB suggère que le problème ne réside pas dans le financement, mais dans l’exécution des projets.

Cette position reflète une stratégie politique délibérée : distinguer la volonté de l’exécutif de la gestion opérationnelle de la SEEG. Le message est clair : les ressources ont été allouées, il appartient désormais aux dirigeants de prouver leur efficacité.

Un test décisif pour la transition

Depuis août 2023, les autorités de transition ont fait de l’amélioration des conditions de vie des Gabonais une priorité absolue. Or, peu de sujets touchent autant les citoyens que l’accès à l’eau et à l’électricité. Ce dossier énergétique est devenu un véritable baromètre de crédibilité pour l’État.

Le problème n’est plus seulement financier. Il est désormais opérationnel et managérial. La patience des Gabonais s’épuise, et la culture des résultats commence à s’imposer dans le débat public.

Reste à savoir si cette pression politique débouchera sur des réformes structurelles, une réorganisation de la gouvernance de la SEEG ou un renouvellement des équipes dirigeantes. Car pour les citoyens, la réponse ne viendra ni des discours ni des rapports comptables, mais de l’eau qui coule sans interruption et de l’électricité qui ne fait plus défaut.

C’est à cette aune que seront jugés non seulement la SEEG, mais aussi la capacité de la transition à transformer les promesses en réalités concrètes.

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