Crise au Sénégal : qui tire les ficelles des refus de comparution à l’assemblée ? Politique Par Oumou Salifou - 16 octobre 20260 Enregistrer en PDFÉcouter la lecture4 min×1 crise au Sénégal : qui tire les ficelles des refus de comparution à l’assemblée ? Le refus de Mme Demba Dieng, ancienne directrice du Cadastre et proche conseillère du président Bassirou Diomaye Faye, de répondre à la convocation parlementaire relance une crise politique qui dépasse le simple cas individuel. Derrière cette affaire, un scénario plus large se dessine : celui d’une stratégie délibérée de l’entourage présidentiel pour contourner les investigations de l’Assemblée nationale. L’annonce du refus de Mme Demba Dieng de déférer à la commission d’enquête parlementaire sur la gestion foncière a révélé une tension cachée entre les pouvoirs exécutif et législatif. Si certains attribuent cette résistance à une consigne venue d’en haut, d’autres y voient une décision personnelle. L’absence de communication officielle de la présidence ne fait qu’alimenter les spéculations. Cette affaire survient alors que plusieurs hauts responsables, y compris d’anciens ministres, refusent également de répondre aux convocations. Selon des informations recueillies, six ministres en fonction ou anciens auraient adopté la même position. Pourtant, aucune confirmation officielle n’a été apportée, et leurs identités restent inconnues. La commission d’enquête, elle, reste ferme : elle poursuivra ses travaux comme prévu. Le jeu politique derrière les refus de comparution : témoignages et zones d’ombre L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom, fait figure d’exception. Il a annoncé qu’il se présenterait à la convocation, en rupture avec ses collègues. Cette divergence soulève une question cruciale : qui, dans l’entourage présidentiel, détient le pouvoir de bloquer ou d’autoriser les comparutions ? Les raisons invoquées par Mme Demba Dieng n’ont pas été divulguées, tout comme le nombre exact de refus. Une chose est sûre : la commission présume de la bonne foi de chaque personne convoquée, mais un refus de comparaître peut rapidement être interprété comme une admission de culpabilité. Les prochaines étapes détermineront si la crise s’aggrave ou si les tensions s’apaisent. Quel impact sur l’équilibre des pouvoirs au Sénégal ? Cette situation place le président Bassirou Diomaye Faye dans une position délicate. Son silence pourrait être interprété comme un soutien tacite aux refus de son équipe. Pourtant, le risque juridique et politique est réel : une obstruction systématique aux convocations parlementaires pourrait-elle déboucher sur une mise en cause constitutionnelle ? La commission d’enquête, elle, n’a pas caché sa détermination. Elle a réaffirmé qu’elle mènerait ses investigations sans se laisser intimider. Dans ce bras de fer, une seule certitude : les prochains jours seront décisifs pour l’avenir politique du Sénégal. Les observateurs se demandent si d’autres collaborateurs du président pourraient suivre l’exemple de Mme Demba Dieng. Si tel était le cas, l’opposition y verrait une preuve de corruption ou de mauvaise gestion, tandis que la majorité présidentielle pourrait l’expliquer par une peur des pièges politiques. Par Oumou Salifou — Journaliste Fils d'actualité (RSS)Ajoutez nos flux XML à votre agrégateur RSS (Feedly, Inoreader, Thunderbird...)PolitiqueTous les articles