Corruption au Cameroun : des milliards envolés à cause du clan biya
Des milliards de francs CFA volés : les révélations accablantes d’Issa Tchiroma Bakary
Dans une déclaration publique récente, Issa Tchiroma Bakary a dénoncé avec chiffres à l’appui les dérives d’un pouvoir accusé de pillage systématique. Or, pétrole, bois et détournements de marchés publics : plus de 10 000 milliards de francs CFA auraient ainsi disparu des caisses de l’État camerounais.
Le pillage des ressources naturelles : un scandale sans précédent
Chers compatriotes, Mesdames et Messieurs, les chiffres sont accablants. Plus de 2 000 milliards de francs CFA d’or détourné, des recettes pétrolières non comptabilisées et des forêts exploitées illégalement. Pendant 40 ans, la SNH a généré des revenus pétroliers en marge de tout contrôle parlementaire, sans transparence ni traçabilité. Le FMI, la Banque mondiale et l’ITIE ont maintes fois alerté sur des flux financiers massifs quittant le Cameroun sans jamais être déclarés.
Le bois n’a pas été épargné : 80 % de la production nationale est vendue illégalement, avec la complicité des autorités. Résultat ? Une terre camerounaise dévastée, pillée à ciel ouvert. Entre l’or, le pétrole et le bois, ce sont plus de 10 000 milliards de francs CFA qui se sont évaporés.
Détournements de fonds publics : des milliards engloutis sans justification
Les lignes budgétaires 65 et 94, couvrant la période 2012-2021, ont été purement et simplement effacées des comptes publics. Ces deux postes représentent à eux seuls 5 400 milliards de francs CFA de dépenses non justifiées. Le Tribunal Criminel Spécial (TCS), créé sous l’égide de Paul Biya, a condamné des hauts fonctionnaires pour près de 9 000 milliards de francs CFA de détournements entre 1997 et 2021.
Les fonctionnaires fantômes ont également fait des ravages : plus de 20 000 noms fictifs figuraient sur les listes de paie pendant des années. Chaque année, le préjudice dépasse les 200 milliards de francs CFA. Les scandales ne manquent pas : surfacturations massives lors de la construction de l’autoroute Yaoundé-Douala, de l’organisation de la CAN 2021, ou encore des vaccins contre le COVID-19, avec des montants documentés dépassant 500 milliards de francs CFA.
Fraude fiscale et douanière : un système organisé
L’ANIF et la CONAC ont mis en lumière des mécanismes de fraude institutionnalisés. En 2023 seulement, 1 665 milliards de francs CFA de flux suspects ont été identifiés. Sur six ans, la fraude douanière documentée s’élève à 1 246 milliards de francs CFA, tandis que 1 745 milliards de francs CFA ont été perdus à cause de la fraude au scanning au port de Douala, imputée à SGS.
Le spectacle affligeant qui s’est joué au port de Douala depuis 2026 révèle deux clans rivaux du régime se disputant le contrôle d’un système de fraude devenu une norme.
L’enrichissement illicite du clan Biya : des fortunes bâties sur le dos du peuple
Les investigations ont révélé que le clan présidentiel a détourné des fonds publics à grande échelle pour s’offrir des biens personnels au Cameroun, en France et au Moyen-Orient. Aux Pays-Bas, 744 millions d’euros de biens mal acquis ont été identifiés. Au Cameroun, le domaine de Nyom, attribué au Secrétaire Général de la Présidence (SGPR), est estimé à 18 milliards de francs CFA. Des biens à Dubaï valent 44 milliards de francs CFA, tandis que des séjours à l’Hôtel Continental de Genève coûtent 50 000 dollars par nuit pour l’ensemble de la délégation présidentielle.
Tous ces agissements s’inscrivent en violation flagrante de l’article 66 de la Constitution, qui exige une déclaration de patrimoine. Pourtant, ni Paul Biya, ni son épouse, ni son fils, ni les membres clés de son entourage n’ont jamais satisfait à cette obligation.
Un bilan accablant : 26 000 milliards de francs CFA détournés, voire 80 000 milliards ?
Le montant minimal de la prédation s’élève à 26 000 milliards de francs CFA. Ce chiffre, déjà vertigineux, ne représente qu’une fraction de la réalité, car le régime a perfectionné l’art de la dissimulation via des prête-noms et des paradis fiscaux. Selon les experts, le montant réel pourrait atteindre 80 000 milliards de francs CFA.
Pour illustrer l’ampleur de ce pillage, sachez que ces 26 000 milliards de francs CFA auraient pu financer 36 années de salaires pour l’ensemble des 380 000 enseignants, soignants et militaires du pays. Ils auraient également permis la construction de 2 600 hôpitaux de district, soit 260 par région.
Le message est clair : aucune amnistie, aucune négociation secrète ne sera tolérée. Tous les hauts responsables impliqués dans ces malversations devront répondre de leurs actes devant les juridictions nationales et internationales.