Lambert Mende : Tshisekedi doit rester au pouvoir face à la menace rwandaise
Lambert Mende : Tshisekedi doit rester au pouvoir face à la menace rwandaise
Lors d’une matinée politique organisée par la Convention des Congolais Unis (CCU), Lambert Mende Omalanga a livré une analyse sans détour de la crise multidimensionnelle qui frappe la République démocratique du Congo. Le coordinateur de ce mouvement lumumbiste a appelé à une mobilisation nationale face à ce qu’il qualifie de menace existentielle pour l’intégrité territoriale et la souveraineté du pays.
« Que deviendra le Congo demain ? » Telle était la question centrale de son intervention, livrée devant les militants de la CCU. Ce discours, présenté comme un message des « lumumbistes à la Nation congolaise », a particulièrement mis en lumière la crise sécuritaire qui frappe l’Est de la RDC depuis près de trois décennies.
Le Rwanda pointé du doigt pour l’instabilité chronique
Lambert Mende a directement accusé le Rwanda d’être le principal artisan de l’instabilité dans l’Est congolais. Selon lui, plusieurs groupes armés opérant dans cette région agiraient sous la direction de Kigali, transformant une crise interne en une menace régionale bien plus vaste.
Il a rappelé les justifications successives avancées par le président rwandais Paul Kagame pour légitimer les interventions de son pays en RDC, évoquant tour à tour la présence des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et la protection des Tutsis du Kivu. Pour Mende, ces arguments ont progressivement évolué vers des revendications territoriales inacceptables, menaçant directement l’unité nationale.
Une lueur d’espoir malgré la gravité de la situation
Malgré l’ampleur de la crise, le leader de la CCU s’est voulu rassurant. Il a souligné l’efficacité des pressions diplomatiques exercées sur Kigali, citant notamment les sanctions américaines comme un levier crucial pour contraindre le régime rwandais à revoir sa position.
Mende a salué les progrès réalisés dans le processus de désarmement des FDLR, jugeant cette avancée comme une étape majeure pour affaiblir l’un des principaux prétextes utilisés par le Rwanda pour justifier sa présence militaire en RDC.
Dialogue national : des conditions strictes posées par la CCU
Sur la question d’un Dialogue national inclusif, Lambert Mende a reconnu une convergence naissante entre les différentes forces politiques sur la nécessité de cette initiative. Toutefois, la CCU a formulé des exigences précises : la priorité absolue doit être donnée à la réponse à l’agression rwandaise et au renforcement de la cohésion nationale.
Le mouvement lumumbiste a précisé que ce Dialogue devrait avant tout permettre de construire un dispositif de prévention et de lutte contre le terrorisme, « quelle que soit son origine ». Par ailleurs, Mende a clairement indiqué que les personnes condamnées par la justice ou sanctionnées par la communauté internationale pour complicité avec l’agresseur ne devraient pas participer à ce forum. De même, les membres des groupes armés collaborant avec Kigali sans s’en distancier formellement en seraient exclus.
Réforme constitutionnelle : distinguer l’essentiel de l’accessoire
La réforme constitutionnelle a également été au cœur de son discours. Lambert Mende a plaidé pour une distinction claire entre l’adoption d’une loi référendaire et l’organisation effective d’un référendum. Il a rappelé que ce dernier constitue un outil démocratique fondamental, tout en admettant que des circonstances exceptionnelles peuvent justifier des adaptations du calendrier institutionnel.
Pour illustrer son propos, il a évoqué l’exemple des États-Unis en période de crise majeure au XXe siècle, ainsi que la situation de l’Ukraine en guerre, soulignant que la flexibilité institutionnelle peut être un atout dans des contextes de crise.
Tshisekedi doit rester en poste jusqu’à la fin de l’agression
Le discours de Lambert Mende a directement abordé la question de l’avenir politique du président Félix-Antoine Tshisekedi. Selon la CCU, tant que l’agression rwandaise persistera, le chef de l’État doit conserver ses fonctions. Mende a présenté Tshisekedi comme le seul dirigeant congolais, depuis 1996, à avoir mis en place des mesures politiques, militaires et diplomatiques concrètes pour contrer cette agression.
Cette position intervient alors que le débat sur la réforme constitutionnelle et l’avenir institutionnel de la RDC suscite de vives discussions au sein de la classe politique nationale.
L’unité nationale avant tout : « La maison commune brûle »
Poursuivant son plaidoyer pour l’unité, Lambert Mende a appelé les Congolais à mettre de côté leurs divergences politiques, jugées secondaires face à l’urgence de la situation. La priorité, selon lui, doit être donnée à la sécurité et à la préservation de l’État congolais, dans un contexte humanitaire déjà très dégradé.
Il a notamment évoqué l’évolution de l’épidémie d’Ebola dans les zones frontalières, où les combats entre les forces rwandaises et congolaises exacerbent les risques sanitaires et humanitaires.
Un partenariat stratégique avec les États-Unis pour renforcer la résilience
En conclusion, Lambert Mende a apporté son soutien à l’initiative du président Tshisekedi visant à établir une alliance stratégique avec les États-Unis. Pour lui, ce partenariat pourrait jouer un rôle clé dans la consolidation de la résilience du peuple congolais et dans l’élaboration d’une véritable stratégie de puissance face aux défis sécuritaires actuels.
« La maison commune brûle », a martelé le leader de la CCU, invitant l’ensemble des Congolais à se rassembler autour de la défense de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale.
Ce message des lumumbistes de la CCU s’inscrit ainsi comme un appel pressant à l’unité, à la cohésion et à la mobilisation collective pour surmonter la crise sécuritaire qui menace le pays.
« Que vive la République démocratique du Congo, une et indivisible ! », a conclu Lambert Mende Omalanga.