Corruption au Burkina Faso : la junte vise douaniers et magistrats
People protest in front of the court house of Ouagadougou on August 13, 2013 where 50 students went on trial. The students were arrested begining of August during a student protest following the closure of their dormitories and university restaurants during the holidays. AFP PHOTO / AHMED OUOBA
Le Burkina Faso fait face à une nouvelle phase de sa lutte contre la corruption avec l’annonce d’une procédure judiciaire visant à juger des douaniers et des magistrats impliqués dans une affaire de racket présumé. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des actions menées par le Korag, une autorité créée il y a un an pour veiller à l’application de la vision stratégique du pays pendant la transition politique.
une affaire de corruption remontant à quatre ans
Le Korag a dévoilé les détails d’une enquête portant sur des faits datant de quatre ans, impliquant des agents douaniers accusés d’avoir extorqué des transporteurs routiers. Selon l’instance, des preuves tangibles ont été collectées : des sommes d’argent importantes saisies dans les bureaux et domiciles des suspects, des témoignages ainsi que des vidéos attestant des agissements illégaux.
Malgré ces éléments accablants, les douaniers ont bénéficié d’un non-lieu, ce qui a suscité une vive réaction de la part de la junte. Cette dernière accuse un avocat et dix hauts magistrats de la cour d’appel de Ouagadougou d’avoir accepté des pots-de-vin pour libérer les douaniers et révéler l’identité des témoins à charge.
une mascarade judiciaire dénoncée
Le Korag qualifie la situation de « mascarade judiciaire » et souligne les graves dysfonctionnements dans la chaîne de justice et la protection des témoins. Ces manquements ont conduit à l’arrestation des magistrats concernés le mois dernier. La junte s’est engagée à appliquer des sanctions disciplinaires à l’encontre des acteurs judiciaires impliqués, sans exclure des poursuites judiciaires.
des sanctions disciplinaires et judiciaires prévues
Face à cette situation, la junte a réaffirmé sa détermination à maintenir une politique de tolérance zéro envers la corruption. Elle a annoncé que des mesures disciplinaires seraient prises contre les magistrats et autres professionnels jugés responsables, tout en envisageant des poursuites judiciaires pour faire respecter l’intégrité du système judiciaire.