11 mai 2026

Togo : le cncc lance son premier rassemblement politique pour contester la constitution

Togo : le CNCC, nouveau front d’opposition, tient son premier meeting politique

Lomé — Le Togo a été le théâtre samedi 9 mai d’un événement politique marquant : le premier meeting du Cadre national de concertation pour le changement au Togo (CNCC), une coalition inédite regroupant quatre partis d’opposition et plusieurs organisations de la société civile. Ce rassemblement, organisé à Lomé, marque le début d’une mobilisation collective contre la Constitution togolaise de 2024, perçue comme un outil de consolidation du pouvoir par le président Faure Gnassingbé.

Togo : le CNCC, nouveau front d'opposition, tient son premier meeting politique

Après plus d’un an sans rassemblement public d’envergure, l’opposition togolaise a choisi de rompre le silence avec ce meeting inaugural du CNCC. Cette coalition, qui fédère des forces politiques et des acteurs de la société civile, a pour objectif de rallumer la flamme de la contestation contre les réformes constitutionnelles adoptées en 2024. Ces modifications, dénoncées comme une manœuvre pour pérenniser le mandat du chef de l’État, ont profondément modifié l’architecture institutionnelle du pays.

Une Constitution contestée et des enjeux majeurs

Le texte constitutionnel de 2024, pilier de la contestation, supprime notamment l’élection du président au suffrage universel direct au profit d’un régime parlementaire. Désormais, la fonction la plus élevée de l’État est celle de président du Conseil, actuellement occupée par Faure Gnassingbé. Pour l’opposition, cette réforme est une « forfaiture » qui prive le peuple togolais de son droit démocratique fondamental.

David Dosseh, porte-parole du Front citoyen Togo debout (FCTD), a souligné l’importance de ce rassemblement : « Il était crucial pour le peuple togolais de montrer qu’il reste debout et refuse catégoriquement cette Constitution imposée. Nous entrons dans une phase de remobilisation sans précédent. »

Les voix de l’opposition s’élèvent

Plusieurs figures de l’opposition ont pris la parole lors de ce meeting, dont Jean-Pierre Fabre, président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC). Il a dénoncé la détention récente de l’activiste et poète Honoré Sitsopé Sokpor, alias Affectio, écroué à nouveau début mai après une libération sous contrôle judiciaire. « C’est une détention arbitraire, une persécution insupportable », a-t-il déclaré, appelant à la libération immédiate de l’opposant.

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