10 juin 2026

Eveil des Nations

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Colloques sur la Constitution en RDC : le pouvoir face aux étudiants

colloques sur la Constitution en RDC : le pouvoir face aux étudiants

Kinshasa, Kisangani et Lubumbashi accueillent du 10 au 12 juin des colloques à forte portée académique, organisés par le Ministère de l’Enseignement Supérieur, Universitaire, Recherche Scientifique et Innovations. L’objectif affiché : analyser en profondeur la Constitution de 2006, ses forces, ses faiblesses et ses adaptations possibles face aux défis actuels de la République Démocratique du Congo. Une initiative qui survient dans un contexte politique particulièrement tendu.

Une analyse scientifique pour éclairer l’avenir institutionnel

Ces assises, réparties en trois pôles thématiques, réunissent enseignants, chercheurs, juristes et étudiants avancés. À Kinshasa, les débats porteront sur les enjeux géostratégiques. À Kisangani, l’accent sera mis sur les dimensions sociologiques et environnementales. Enfin, Lubumbashi se concentrera sur les transitions industrielles et énergétiques. La ministre Sombo Ayanne Safi Mukuna Marie-Thérèse justifie cette démarche par la nécessité de renforcer l’État de droit et la gouvernance démocratique.

« Vingt ans après l’adoption de la Constitution du 18 février 2006, ces travaux permettront de dresser un bilan objectif et de proposer des pistes pour un texte mieux adapté aux réalités congolaises. L’enjeu est de taille : pérenniser la stabilité et le développement durable du pays », a-t-elle déclaré.

Réforme constitutionnelle : un débat qui divise la classe politique

Le débat sur une éventuelle modification de la Constitution, relancé par une proposition de loi référendaire votée au Parlement, cristallise les tensions. Le parti présidentiel, l’UDPS, et la coalition au pouvoir, l’Union sacrée de la Nation, y voient une opportunité pour moderniser les institutions et répondre aux défis sécuritaires et électoraux. Certains cadres, comme ceux de l’Union sacrée, dénoncent une Constitution de 2006 qu’ils qualifient de « piégée », pointant du doigt des lacunes dans la gestion de l’État et la définition de la nationalité.

Les opposants, eux, y voient une manœuvre pour contourner la limite des mandats et assurer la pérennité de Félix Tshisekedi à la présidence. Avec un second mandat jusqu’en janvier 2029, la question d’un troisième mandat agite les esprits. Les critiques ciblent également le bilan du régime, jugé insuffisant sur le plan sécuritaire et économique, notamment face aux avancées de la rébellion de l’AFC/M23, soutenue selon eux par le Rwanda.

Deux coalitions s’affrontent sur l’interprétation de la Constitution

Le paysage politique congolais se scinde en deux camps. D’un côté, la Coalition Article 64 pour la Défense de l’Ordre Constitutionnel (C64), qui milite pour le respect strict du texte actuel. De l’autre, la Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution (C4), qui prône une révision pour adapter le pays aux réalités du moment. Chaque camp revendique un soutien populaire significatif, alimentant un débat aussi passionné que clivant.

Une mobilisation universitaire pour éclairer les choix nationaux

Les organisateurs appellent les acteurs académiques à s’impliquer massivement. La ministre Sombo Ayanne Safi Mukuna Marie-Thérèse insiste : « L’Université et les centres de recherche doivent jouer leur rôle de laboratoires d’idées. Leur contribution est essentielle pour garantir la pertinence des recommandations issues de ces colloques. » Les établissements d’enseignement supérieur sont invités à diffuser largement l’information et à mobiliser leurs chercheurs.

Alors que le pays fait face à des défis sécuritaires majeurs et à une crise politique persistante, ces rencontres pourraient bien servir de catalyseur pour un renouveau institutionnel ou, au contraire, accentuer les fractures au sein de la société congolaise.

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