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Claudy siar dénonce les dérives de cnews : une bataille contre le racisme médiatique au Bénin

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Les coulisses d’une polémique médiatique : pourquoi CNews est dans le viseur du gouvernement béninois

Dans un contexte où les débats sur le respect et la dignité des populations africaines n’ont jamais été aussi vifs, une figure majeure du paysage médiatique béninois monte au créneau. Claudy Siar, chargé de mission de la présidence et personnalité influente, a choisi de briser l’omerta en pointant du doigt une chaîne française accusée de propager des discours racistes. Une initiative qui révèle les tensions croissantes autour des contenus audiovisuels transfrontaliers et interroge la responsabilité des médias dans leur diffusion.

Un engagement pour la dignité africaine : les motivations profondes de Claudy Siar

Claudy Siar n’est pas un simple observateur des débats sur le racisme en Afrique. Ancien animateur emblématique de RFI, il incarne aujourd’hui une voix officielle au sein de l’administration béninoise. Son attaque contre CNews s’appuie sur une conviction : le Bénin ne peut tolérer que ses citoyens soient exposés à des programmes dégradants, sous prétexte de liberté d’expression. « Les Africains sont quotidiennement déshumanisés à l’antenne », déclare-t-il, soulignant l’urgence d’agir pour préserver l’image du continent et ses diasporas. Pour lui, cette démarche dépasse le cadre médiatique : elle touche à l’honneur et à l’identité des populations noires.

Les rouages d’une stratégie juridique et médiatique

Pour donner une résonance à son combat, Claudy Siar a choisi une approche ciblée, combinant pression publique et action institutionnelle. Son plan se décline en deux volets principaux :

  • Une interpellation directe de Canal+ Bénin : Le chargé de mission demande formellement le retrait de CNews des bouquets proposés localement. Son argument ? La présence d’un média étranger diffusant des contenus jugés « humiliants » auprès du public béninois.
  • Un recours à la HAAC : Une rencontre avec le président de la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) est prévue pour examiner les recours possibles. L’objectif ? Étudier si les propos incriminés violent les règles béninoises de diffusion audiovisuelle.

Cette double stratégie reflète une volonté de conjuguer action politique et pression réglementaire, un équilibre délicat dans un secteur où les intérêts économiques des opérateurs entrent en conflit avec les exigences éthiques.

CNews sous le feu des régulateurs : un précédent en France

L’initiative béninoise s’inscrit dans un contexte où CNews est déjà sous surveillance. En juillet 2024, l’Arcom française a infligé deux amendes – 20 000 € et 60 000 € – pour des manquements graves dans ses programmes. Ces sanctions, bien que limitées à des cas précis, confirment l’existence de dérives récurrentes. Claudy Siar s’appuie sur ces précédents pour légitimer sa démarche, tout en insistant sur la spécificité du public béninois : « Ce qui est toléré en France peut être une insulte au Bénin ».

La frontière entre liberté d’expression et dérive raciste

Le débat soulevé par Claudy Siar transcende les frontières nationales. D’un côté, les défenseurs de la liberté de la presse y voient une atteinte à la pluralité médiatique. De l’autre, les partisans de la lutte contre le racisme soulignent l’obligation pour les États de protéger leurs citoyens contre des contenus jugés dangereux. La question est complexe : comment distinguer une critique légitime d’un discours de haine, et qui décide du seuil à partir duquel un média doit être écarté des écrans ?

Quel avenir pour CNews au Bénin ? Un champ des possibles encore flou

À ce stade, aucune décision officielle n’a été prise concernant un éventuel retrait de CNews des bouquets Canal+. La balle est désormais dans le camp des acteurs clés :

  • La direction de Canal+ Bénin, dont la réponse dépendra de sa stratégie commerciale et de ses engagements éthiques.
  • La HAAC, qui devra arbitrer entre le respect de la loi béninoise et les principes de non-censure arbitraire.

Pour Claudy Siar, l’enjeu est clair : il s’agit de faire primer la dignité humaine sur les intérêts économiques. Reste à savoir si cette bataille médiatique débouchera sur un retrait concret ou restera un symbole de résistance contre les abus des médias internationaux.

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Oumou Salifou
Journaliste
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