Bamako, carrefour du dialogue médiatique panafricain pour l’ère numérique
La capitale malienne, Bamako, a récemment été le théâtre d’un événement majeur pour l’avenir des médias sur le continent. Le Premier ministre malien, le général de brigade Abdoulaye Maïga, a personnellement inauguré une série de panels de discussion, marquant l’engagement du Mali en faveur d’un cadre de dialogue renforcé entre les professionnels des médias africains. Au cœur des débats figuraient des sujets cruciaux tels que «L’éducation aux médias : un enjeu citoyen à l’ère du numérique», la lutte contre le «Désordre informationnel : le tryptique MDM et outils de vérification», et les enjeux de l’«Enseignement et formation à l’éducation aux médias».
Ce forum d’envergure, qui s’est déroulé du 3 au 6 juin 2026, a accueilli le Maroc en tant que pays invité d’honneur, dont la forte représentation a souligné l’importance de cette initiative pour l’ensemble des nations africaines.
Aziz Boucetta, directeur de publication de Panorapost.com, a exprimé l’importance de ce rassemblement, soulignant que «la famille panafricaine se retrouve au Mali pour discuter des problèmes de l’Afrique qui sont parfaitement surmontables à partir du moment où on en prend conscience». Il a également mis en avant la volonté du Maroc de contribuer par son expertise et de forger des partenariats solides pour le développement harmonieux du continent africain, renforçant ainsi l’actualité panafricaine.
Aboubacar Abdoulwahidou Maïga, directeur général d’une école de journalisme et paneliste éminent, a partagé des données révélatrices sur la connectivité au Mali. Le taux de Maliens connectés est passé de 2% en 2012 à un impressionnant 35% aujourd’hui. Parmi cette population connectée, 80% sont des jeunes de moins de 35 ans, et une proportion significative de 60% d’entre eux s’informent principalement via les réseaux sociaux. Il a par ailleurs insisté sur la nécessité d’une numérisation accrue des médias maliens, qu’il juge indispensable pour la rentabilité et la pérennité de l’industrie médiatique locale.
Le chef du gouvernement, le général de brigade Abdoulaye Maïga, a articulé une vision claire de la mission des médias dans le contexte actuel. Il a rappelé que «notre sous-région fait face à des défis sécuritaires complexes qui s’accompagnent souvent d’une intense bataille de perception. Les conflits contemporains ne se jouent plus uniquement sur le terrain militaire mais également sur le champ médiatique numérique et informationnel». Dans cette optique, il a affirmé que le journaliste est désormais un «acteur stratégique pour la stabilité des États, la cohésion sociale et la résilience des sociétés».
En conclusion de son intervention, le Premier ministre a vivement encouragé le renforcement des compétences professionnelles, tant au niveau national qu’à l’échelle africaine. Il a souligné l’impératif d’«améliorer la capacité professionnelle des médias afin qu’ils puissent accomplir pleinement leur mission», un appel à l’éveil politique Afrique et à la consolidation des nations africaines face aux défis modernes.