2 juin 2026

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Appel des évêques du Tchad à la paix par le dialogue national

Quelques éléments de l'armée tchadienne sur le bord du Lac Tchad - Photo d'illustration Quelques éléments de l’armée tchadienne sur le bord du Lac Tchad – Photo d’illustration (AFP or licensors)

Les prélats tchadiens réclament un dialogue urgent pour briser l’impasse politique

Dans un communiqué publié le 6 mai, la Conférence épiscopale du Tchad a alerté sur l’aggravation alarmante de la situation politique. Les évêques exhortent les dirigeants à instaurer un climat de confiance propice à la réconciliation nationale. «Seul un échange sincère et inclusif peut mettre fin à la crise actuelle», déclarent-ils.

Cette prise de position s’inscrit dans un contexte marqué par des violences intercommunautaires d’une extrême violence au Tchad. Récemment, des attaques ont secoué plusieurs régions comme Dar Tama dans le Wadi Fira et le Guera. Le 5 mai, la base militaire de Barka Toulorom, située dans la zone du Lac Tchad, a été la cible d’une attaque ayant causé la mort d’au moins 23 personnes, selon les informations officielles. Quelques jours plus tôt, le 26 avril, des affrontements dans l’est du pays ont fait au moins 42 victimes. Face à ces drames, les évêques tchadiens dénoncent avec fermeté ces actes meurtriers et rappellent que «personne n’a le droit de priver autrui de sa vie». Ils insistent sur le fait que «la violence, loin de résoudre les conflits, ne fait qu’accroître les tensions et creuser les divisions».

Pluralisme : une force pour l’unité nationale tchadienne

Les évêques s’alarment également de la détérioration rapide de la situation politique, évoquant une «multiplication des arrestations d’opposants et de personnalités critiques». «Ces mesures remettent en cause les fondements démocratiques de notre pays, notamment la liberté d’expression et le respect des droits humains. Elles fragilisent davantage la cohésion sociale déjà fragile et menacent le vivre-ensemble», soulignent-ils. Les prélats plaident pour le «respect du pluralisme culturel, politique et religieux», essentiel à la construction d’un État de droit équitable : «La diversité n’est pas un obstacle mais une richesse pour bâtir une nation unie. Le mal, qu’il se manifeste par l’exclusion, l’injustice ou la violence, ne peut être surmonté que par le bien : le respect des différences, le dialogue et la justice pour tous».

Le dialogue, clé de la réconciliation au Tchad

Les évêques tchadiens réaffirment leur conviction que seul un «dialogue sincère et inclusif» peut mettre fin à la crise actuelle. «Il est crucial que toutes les parties prenantes s’engagent dans un échange constructif, basé sur la vérité, le respect mutuel et la recherche de solutions pacifiques», expliquent-ils. Ce processus est selon eux «indispensable pour restaurer la paix et la stabilité au Tchad». Ils appellent les autorités à «faire preuve de sagesse et de modération, et à créer un environnement propice à la réconciliation». «La paix est un bien inestimable que nous devons protéger ensemble», rappellent-ils.

Les évêques adressent leurs pensées aux familles endeuillées, aux blessés et à toutes les victimes de ces tragédies. Ils présentent leurs «condoléances les plus sincères» aux familles des disparus et invitent l’ensemble de la population tchadienne à «se rassembler dans la compassion et la solidarité en ces moments douloureux».

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