Africa corps : le nouveau visage de l’influence russe au Sahel après Wagner International Par Oumou Salifou - 26 avril 202624 septembre 20260 Enregistrer en PDFÉcouter la lecture4 min×1 africa corps : le nouveau visage de l’influence russe au Sahel après Wagner Une page se tourne au Mali. Ce week-end, la milice Africa Corps, bras armé russe au Sahel, a été contrainte de quitter Kidal, une position stratégique longtemps sous son contrôle. Ce repli intervient alors que les rebelles touaregs, alliés à des groupes djihadistes, ont mené une offensive d’envergure contre les forces loyalistes. Malgré cette défaite locale, l’organisation conserve une influence majeure dans la région, redessinant les équilibres géopolitiques africains. une milice secrète au service de Moscou Créée en 2023, Africa Corps est rapidement devenue l’une des entités militaires les plus discrètes mais aussi les plus redoutées du Kremlin en Afrique. Son apparition coïncide avec le déclin du groupe Wagner, dont les fondateurs, Evgueni Prigojine et Dmitri Outkine, ont péri dans un accident d’avion en août 2023. Cette organisation, officiellement pilotée par le vice-ministre russe de la Défense Iounous-bek Evkourov, se veut plus rigide et centralisée que son prédécesseur. Son nom n’est pas anodin : il s’inspire de l’Afrikakorps, l’unité allemande de la Seconde Guerre mondiale déployée en Afrique du Nord. Une référence historique qui en dit long sur ses ambitions et sa méthode. Contrairement à Wagner, connu pour ses exactions et son image sulfureuse, Africa Corps mise sur une approche plus discrète, privilégiant les alliances avec les gouvernements locaux. des objectifs géostratégiques clairs Dès sa création, Africa Corps affiche ses priorités : « libérer l’Afrique de la dépendance néocoloniale, chasser les influences occidentales et garantir une souveraineté totale aux nations du continent », selon les déclarations d’Igor Korotchenko, ancien colonel et figure médiatique proche du pouvoir russe. Son discours résonne particulièrement dans les pays du Sahel, où la présence française s’est réduite comme une peau de chagrin. Cette milice ne se contente pas de combattre. Elle fournit des soldats, du matériel militaire et une expertise logistique aux régimes alliés de Moscou. Son déploiement s’étend désormais au Burkina Faso, en Libye, au Soudan, en République centrafricaine et au Niger, consolidant ainsi l’emprise russe sur le continent. une présence croissante au Mali, malgré les revers Au Mali, Africa Corps a pris le relais de Wagner en 2024, déployant des centaines, voire des milliers de combattants. Son rôle ? Soutenir la junte de Bamako face à la rébellion touareg et aux groupes armés islamistes. Mais son intervention ne se limite pas à la lutte antiterroriste. Moscou y voit aussi une opportunité de contrôler les ressources minières et de peser sur les flux migratoires vers l’Europe. Son retrait forcé de Kidal marque un tournant, mais ne remet pas en cause son ancrage dans le pays. Les analystes soulignent que cette milice reste un levier d’influence indispensable pour le Kremlin, malgré les sanctions internationales qui la visent pour « violations des droits humains » et « exploitation des ressources naturelles ». entre discrétion et controverses Si Africa Corps cultive l’image d’une force disciplinée et professionnelle, elle n’échappe pas aux critiques. Plusieurs rapports, dont ceux du Royaume-Uni, l’accusent d’abus systématiques et de pillage économique. Pourtant, son approche moins médiatisée que celle de Wagner lui permet de gagner en crédibilité auprès des régimes africains en quête d’alternatives aux puissances occidentales. Alors que le Sahel s’embrase et que les alliances se recomposent, Africa Corps s’impose comme un acteur incontournable. Son avenir dépendra de sa capacité à maintenir ses positions face aux rebellions locales et à consolider son rôle de partenaire militaire privilégié de Moscou en Afrique. Par Oumou Salifou — Grand reporter Fils d'actualité (RSS)Ajoutez nos flux XML à votre agrégateur RSS (Feedly, Inoreader, Thunderbird...)InternationalTous les articles