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Vice-président au Cameroun : pourquoi la vacance du poste risque-t-elle de fragiliser la stabilité politique ?

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Pourquoi le Cameroun tarde-t-il à combler le poste de vice-président, malgré les appels urgents à une telle nomination ? Derrière cette question apparemment administrative se cache une stratégie plus profonde, liée aux craintes personnelles du président Paul Biya. L’absence prolongée de ce haut responsable pourrait en effet compromettre la stabilité politique du pays à moyen terme.

La réforme constitutionnelle de 2026 : un tournant décisif pour le pouvoir

La réintroduction du poste de vice-président dans la Constitution camerounaise en avril 2026 a modifié en profondeur l’architecture institutionnelle du pays. Désormais, cette personnalité est appelée à jouer un rôle clé dans le processus de constatation de l’empêchement définitif du chef de l’État. Une évolution qui, selon les analystes, expose davantage le président actuel à la pression stratégique d’un potentiel successeur.

Stéphane Menounga, figure reconnue de l’analyse politique au Cameroun, souligne que cette réforme a créé des tensions insoupçonnées au sommet de l’État. « Lorsque Paul Biya a pris connaissance des implications de ce texte, il a réalisé qu’une nomination précipitée pourrait accélérer la procédure qui menace son maintien au pouvoir », explique-t-il.

Un rapport de force politique qui oppose prudence et urgence

Malgré les pressions croissantes exercées par certains acteurs politiques camerounais, qui estiment indispensable la désignation rapide d’un vice-président pour garantir la continuité de l’État, le processus reste bloqué. Alors que des noms circulent parmi les favoris, Paul Biya conserve jalousement le dernier mot. À 93 ans, le président camerounais semble déterminé à maintenir le statu quo, quitte à laisser le poste vacant pendant une période indéterminée.

Cette stratégie n’est pas dénuée de risques. En effet, l’absence de vice-président place le Cameroun dans une situation de vulnérabilité institutionnelle, surtout en cas d’imprévisible événement sanitaire ou politique affectant le chef de l’État. Une situation que certains observateurs qualifient déjà de « bombe à retardement » pour la gouvernance du pays.

Les scénarios redoutés par le pouvoir en place

Plusieurs hypothèses circulent quant aux raisons exactes de cette vacance prolongée. Parmi elles :

  • La crainte d’un vice-président trop ambitieux, capable de contester la légitimité de Paul Biya ou de s’imposer comme successeur naturel en cas de vacance prolongée du pouvoir ;
  • La volonté de contrôler les mécanismes de succession en maintenant le flou sur les acteurs susceptibles d’accéder à ce poste stratégique ;
  • L’hypothèse d’un calcul politique visant à éviter toute division au sein du parti présidentiel avant les prochaines échéances électorales.

Un poste stratégique dont l’absence pèse sur la crédibilité internationale

Au-delà des enjeux internes, la vacance prolongée de ce poste affaiblit également la représentation du Cameroun sur la scène diplomatique. Les partenaires internationaux du pays, qui exigent une gouvernance stable et prévisible, pourraient voir d’un mauvais œil cette situation prolongée. Une instabilité institutionnelle latente pourrait, à terme, dissuader les investisseurs étrangers et fragiliser l’économie nationale.

Que réserve l’avenir pour ce poste vacant ?

Plusieurs pistes sont évoquées par les observateurs pour expliquer l’attentisme actuel :

  • Une nomination différée jusqu’à ce que la santé du président Biya ne suscite plus de questions ;
  • Un choix calculé pour éviter de favoriser un clan politique au détriment d’un autre dans un contexte préélectoral tendu ;
  • Une stratégie visant à épuiser les pressions extérieures avant d’acter un changement.

Quelle que soit l’issue, une chose est sûre : la décision finale de Paul Biya pourrait redessiner l’équilibre des forces au Cameroun pour les années à venir.

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Ali Mahamane
Journaliste
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