14 juillet 2026

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Trafic d’opioïdes : comment les anciens membres de Wagner financent leurs activités en Afrique

Visitors wearing military camouflage stand at the entrance of the 'PMC Wagner Centre', associated with the founder of the Wagner private military group (PMC) Yevgeny Prigozhin, during the official opening of the office block on the National Unity Day, in Saint Petersburg, on November 4, 2022. (Photo by Olga MALTSEVA / AFP)

Trafic d’opioïdes en Afrique : le rôle trouble des ex-mercenaires de Wagner

Trois ans après la disparition d’Evgueni Prigojine, les réseaux de l’ex-groupe Wagner en Afrique continuent de prospérer. Une enquête récente met en lumière un trafic illicite de tramadol, un antidouleur opioïde puissant, qui servirait à financer les activités résiduelles des anciens mercenaires. Ce phénomène, surnommé la « cocaïne des pauvres », révèle une nouvelle facette de leur stratégie d’influence sur le continent.

Un trafic lucratif pour des groupes démantelés

Le tramadol, un opioïde souvent détourné de son usage médical, circule massivement en République centrafricaine. Selon des sources locales, ce trafic rapporterait des millions de dollars chaque année, alimentant les caisses des anciens combattants restés sur place. Environ 500 membres, dont le fils de Prigojine, Pavel, auraient maintenu leurs activités malgré la dissolution officielle du groupe.

La Russie, à travers des structures étatiques, aurait pris le relais pour superviser ces opérations. Ce changement de gouvernance n’a pas mis fin aux activités illicites, bien au contraire. Le tramadol, facile à produire et à transporter, est devenu une monnaie d’échange dans les zones de conflit.

Une stratégie adaptée aux réalités africaines

L’Afrique, et plus particulièrement la République centrafricaine, offre un terrain propice à ce type de trafic. Les réseaux Wagner y sont bien implantés depuis des années, grâce à des accords controversés avec les autorités locales. Leur connaissance du terrain et des acteurs locaux leur permet de contourner les contrôles et de maintenir leurs activités.

Le tramadol, moins cher que d’autres substances illicites, est accessible à une large partie de la population. Son détournement à des fins criminelles en fait une menace sanitaire majeure, tout en servant de source de revenus pour les groupes armés.

Les conséquences d’un trafic en pleine expansion

Les répercussions de ce trafic dépassent le cadre financier. La santé publique est directement menacée par l’augmentation de la consommation d’opioïdes. Les autorités centrafricaines, déjà fragilisées, peinent à endiguer ce phénomène. Parallèlement, les anciens mercenaires renforcent leur emprise sur les économies locales, profitant de l’instabilité régionale.

Ce trafic illustre une fois de plus comment les groupes paramilitaires s’adaptent aux changements politiques pour préserver leurs intérêts. En Afrique, où les États peinent à imposer leur autorité, ces réseaux illicites trouvent un terrain fertile pour prospérer.

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