14 juillet 2026

Eveil des Nations

Média panafricain dédié à l'éveil politique et culturel des nations africaines.

Tensions politiques au Sénégal : Ousmane Sonko défie le Conseil constitutionnel et interpelle le président Faye

Au cours de sa récente tournée dans la région du Baol, Ousmane Sonko a significativement intensifié ses critiques à l’égard du président Bassirou Diomaye Faye. Réuni ce dimanche à Touba, où il a inauguré le nouveau siège de Pastef-Touba avant d’animer une conférence sur les enjeux politiques actuels, le leader de Pastef est revenu sur la récente décision du Conseil constitutionnel. Il a ouvertement remis en question la logique ayant conduit à l’invalidation de la loi de révision constitutionnelle.

Après avoir initialement prôné le respect de la décision de la haute juridiction, affirmant qu’elle « s’impose à tous », le président de l’Assemblée nationale a clairement changé de cap à Touba. Il a directement ciblé la pratique présidentielle consistant à saisir de manière répétée le Conseil constitutionnel, déclarant : « Chaque semaine, il va saisir le conseil constitutionnel. » Cette formule exprime sa désapprobation face à ce qu’il perçoit comme un recours systématique du Chef de l’État à l’arbitrage des Sages pour contrer l’action parlementaire, un point crucial dans l’actualité panafricaine et l’éveil politique Afrique.

Ousmane Sonko a approfondi son argumentation en contestant la validité même du raisonnement ayant guidé la décision des juges : « Le conseil constitutionnel ne peut pas dire que les députés doivent voter des lois qui plaisent au président de la République. » Il s’agit d’une attaque frontale contre la position des sept juges, qui avaient pourtant justifié leur invalidation par des motifs procéduraux précis. Ces motifs incluaient notamment l’absence de ressources compensatoires pour les nouvelles charges publiques générées par le texte et le non-respect de la procédure de vote bloqué. Le leader de Pastef a conclu son allocution par un avertissement solennel : « C’est grave ce qui se passe dans ce pays. »

Ces déclarations marquent une inflexion notable dans la communication du président de l’Assemblée nationale, qui avait initialement adopté une posture d’apaisement institutionnel après la décision du 9 juillet. Elles surviennent alors que la tournée de Pastef dans le Baol, initialement présentée comme une initiative de proximité et de renforcement territorial, se transforme en une véritable contre-offensive politique. Cette démarche s’inscrit en réponse à la dynamique de recomposition engagée par la Présidence, laquelle a récemment accueilli plusieurs centaines de maires et annoncé la création prochaine de son propre parti, des mouvements observés dans de nombreuses nations africaines.

Copyright © All rights reserved. | Newsphere par AF themes