15 juillet 2026

Eveil des Nations

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Tensions à Kinshasa : la marche de l’opposition divise la majorité

Tensions à Kinshasa : la marche de l’opposition divise la majorité présidentielle

À l’approche de la marche prévue le 22 juillet par la Coalition article 64 (C64) pour dénoncer le projet de révision constitutionnelle du président Félix Tshisekedi, les tensions au sein de la majorité se cristallisent autour de deux figures majeures : Augustin Kabuya et André Mbata. Ces hauts responsables, tous deux députés nationaux et membres clés de l’Union sacrée de la nation (USN), s’affrontent publiquement sur la stratégie à adopter face à cette mobilisation.

Le point de chute de la manifestation, le Palais de la Nation à Kinshasa, symbolise une remise en cause directe de l’action du chef de l’État, accusé de « trahison de son serment constitutionnel » par les organisateurs. Face à cette pression, André Mbata, en mission à Yaoundé, a appelé l’ensemble des composantes de l’USN à organiser une contre-mobilisation dans la capitale ainsi que dans les 25 provinces et à l’étranger. Son appel vise à contrer ce qu’il qualifie de « coup d’État contre la nation » en niant au peuple congolais son droit à l’exercice de la souveraineté.

Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS, parti présidentiel, a rapidement réagi en publiant un communiqué pour dissuader tout mouvement le 22 juillet. Il a formellement invité les membres de l’UDPS à vaquer à leurs occupations ce jour-là, indiquant qu’« aucune marche n’est prévue à cette date » et que les itinéraires empruntés par l’opposition devaient être évités. Une position qui a suscité l’ire de son rival politique.

Mbata contre-attaque et relance la polémique

André Mbata, professeur de droit constitutionnel, n’a pas attendu pour répliquer. Dans une réponse cinglante, il a rappelé que l’USN, forte de plus de 900 partis, regroupements politiques et associations, ne pouvait être réduite à la seule volonté d’un de ses membres. Il a souligné que « une déclaration prématurée et maladroite faite par un responsable d’un parti ou d’une association membre de l’USN n’engage que sa personne ».

Mbata a dénoncé le silence de la plateforme présidentielle au moment où, selon lui, des « individus mal intentionnés et ignorants de la Constitution » défileraient pour exiger le départ du président élu démocratiquement. Il a conclu en réaffirmant que les membres de l’USN devaient se conformer aux directives du secrétaire permanent, seul porte-parole officiel de l’alliance.

Un passé conflictuel qui resurgit

Cette rivalité n’est pas nouvelle. En 2024, André Mbata avait déjà rompu avec Kabuya lors d’un différend avec Déo Bizibu, alors vice-président de l’UDPS. Leur opposition s’était également manifestée lors de l’élection du gouverneur du Sankuru en avril 2026. Mbata avait alors soutenu un autre candidat que celui promu par Kabuya, contribuant à la victoire de Jules Lodi Emongo. Cette division interne au sein de l’USN illustre les fractures persistantes au sein de la majorité présidentielle, à moins de deux ans des prochaines élections de 2028 et de la fin du deuxième mandat de Félix Tshisekedi.

Les observateurs politiques voient dans cette crise une illustration de la fragilité de l’unité au sein de l’USN, alors que le régime fait face à une opposition de plus en plus mobilisée et déterminée.

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