2 août 2026

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Tchad : quand la gestion publique défie la justice divine

Tchad : quand la gestion publique défie la justice divine

Pourquoi invoquer la volonté divine pour justifier des choix politiques iniques ? Les déclarations récentes du chef de l’État du Tchad, qui attribuent à Allah la responsabilité des défaillances de son régime tout en brandissant la crainte de Dieu pour encadrer les aspirations citoyennes, soulèvent une question cruciale : jusqu’où peut-on instrumentaliser la foi pour masquer les manquements d’un pouvoir en crise ?

Tchad : quand la gestion publique défie la justice divine

Une gouvernance défaillante masquée par la rhétorique religieuse

Au Tchad, où la spiritualité et la résilience des citoyens face aux difficultés sont des valeurs ancrées dans la culture, l’instrumentalisation de la religion par les dirigeants pour légitimer leurs échecs est devenue une tactique récurrente. Pourtant, réduire les privations quotidiennes à une épreuve divine relève d’un cynisme qui frise l’irrespect envers une population déjà éprouvée par des années de mauvaise gestion.

La justice et la sincérité, piliers de la foi, devraient se traduire en politique par le respect des droits fondamentaux et la transparence. Or, les dernières élections présidentielles de mai 2024, entachées de fraudes massives et de violences meurtrières, ont définitivement sapé la confiance des Tchadiens dans les institutions. Le processus électoral, verrouillé pour assurer la pérennité du pouvoir en place, a été dénoncé par des observateurs indépendants et des citoyens engagés. Comment parler de volonté divine quand les urnes sont vidées de leur sens ?

Élections truquées : la confiance publique en lambeaux

Le scrutin de 2024 a révélé un système électoral conçu pour garantir une victoire annoncée, au mépris des principes démocratiques les plus élémentaires. Les contestations, étouffées dans le sang, et les rapports d’observateurs mettant en lumière des irrégularités flagrantes ont confirmé que le peuple tchadien a été privé de son droit le plus sacré : celui de choisir ses dirigeants. Pour que les prochaines élections législatives et locales ne soient pas une nouvelle mascarade, une refonte totale de l’organe de gestion électorale s’impose. Sans accès aux résultats bureau par bureau et sans recomposition de l’ANGE, la transition démocratique restera un mirage.

Les Tchadiens exigent non seulement la transparence, mais aussi la refonte du fichier électoral et une recomposition de l’institution en charge des scrutins. Le chef de l’État peut-il sincèrement prétendre aimer la vérité tout en maintenant un système conçu pour la trahir ?

Népotisme et clientélisme : l’État au service d’une minorité

La justice divine condamne sans appel le favoritisme, le vol et l’injustice. Pourtant, au Tchad, l’État semble fonctionner comme une machine à récompenser ses affidés. Les postes clés de l’administration, des régies financières et des forces de sécurité sont systématiquement attribués sur la base de critères claniques, régionaux ou familiaux, au détriment des compétences et du mérite républicain.

Les jeunes diplômés, sans réseau d’influence, sont condamnés à l’exclusion, tandis que les ressources stratégiques du pays – pétrole, or, douanes – sont gérées comme des prébendes au profit de proches du pouvoir. Cette corruption institutionnalisée alimente les frustrations et menace la stabilité du pays. Comment parler de justice divine quand l’équité républicaine est quotidiennement bafouée ?

Infrastructures en ruine : le poids de l’incompétence managériale

Présenter les pénuries d’eau, les délestages d’électricité ou l’effondrement des services publics comme des épreuves envoyées par Allah est une insulte à l’intelligence collective. Le Tchad, riche en ressources naturelles, souffre d’un effondrement généralisé de ses infrastructures, directement imputable à l’incompétence et à la corruption de ses dirigeants.

À N’Djamena, l’électricité est devenue un luxe inaccessible, tandis que les hôpitaux et les commerces subissent des coupures quotidiennes. À Abéché, Sarh ou Moundou, l’accès à l’eau potable reste un combat de chaque instant. Ces crises ne sont pas des fatalités divines, mais le résultat d’un détournement systématique des revenus pétroliers et miniers au profit d’une élite prédatrice. Comment justifier que les ressources d’un pays soient pillées au nom d’une prétendue glorification de Dieu ?

L’exigence citoyenne : des actes concrets, pas des discours

Les Tchadiens ne veulent plus de promesses creuses ou de rappels moraux. Leur patience est à bout. Ils demandent des institutions crédibles, des services publics fonctionnels et une gouvernance transparente. La sincérité des dirigeants ne se mesurera plus en prières ou en références à la volonté divine, mais en actions tangibles : la fin des détournements, la restauration de l’électricité et de l’eau, et surtout, le respect du choix populaire.

Le Tchad mérite mieux que des dirigeants qui se réfugient derrière la spiritualité pour masquer leurs échecs. Il mérite des leaders qui assument leurs responsabilités, qui rendent des comptes et qui placent l’intérêt général au-dessus de toute autre considération.

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