23 juin 2026

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Tchad : l’affaire du général Abdoulaye Miskine suspendue, un procès sans cesse reporté

L’odyssée judiciaire du général Abdoulaye Miskine, dont le véritable nom est Martin Koumtamadji, reste engluée dans une impasse persistante. Alors que son dossier figurait au rôle général de l’audience foraine de la chambre criminelle du lundi 25 mai 2026 à la Cour d’appel de N’Djamena, l’affaire a été, une fois de plus, déprogrammée. Cette décision intervient après de longues années de détention provisoire, sans qu’un jugement ne soit rendu, suscitant une vive attente.

Les documents consultés révèlent que le dossier, enregistré sous le répertoire n°093/2022, mettait en cause Abdoulaye Miskine aux côtés de plusieurs co-accusés, parmi lesquels Adoum Rakhis, Ringo Djouma et Abdoulaye Gros. Les charges retenues étaient lourdes : association de malfaiteurs, création et participation à des mouvements insurrectionnels, enlèvement, séquestration, sévices graves, viol et extorsion de biens, avec Tissi désigné comme lieu des infractions.

Arrêté en novembre 2019 dans la capitale tchadienne, Abdoulaye Miskine est emprisonné depuis plus de six ans et demi à la maison d’arrêt de Klessoum. Son procès n’a jamais eu lieu. L’annulation de la dernière audience, prévue le 25 mai 2026, aurait été motivée, selon certaines informations, par le décès inopiné d’un greffier. Cependant, l’absence de toute nouvelle date depuis lors ne fait qu’épaissir le mystère autour de ce dossier particulièrement délicat au Tchad.

Des sources locales concordantes indiquent que l’affaire a été retirée du calendrier judiciaire « jusqu’à nouvel ordre ». Des proches du dossier évoquent des pressions politiques qui entraveraient la tenue du procès de l’ancien leader du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC). Cette situation perdure malgré la durée considérable de sa détention et les appels répétés de ses avocats et de sa famille en faveur d’un jugement équitable.

La République centrafricaine avait pourtant formulé une demande d’extradition, mais le Tchad a refusé de remettre Abdoulaye Miskine à Bangui. Sa participation à l’Accord de paix de Khartoum en 2019 confère une dimension politique et régionale supplémentaire à cette affaire judiciaire complexe.

Parallèlement, l’état de santé du détenu est une source de vives préoccupations. Depuis plusieurs années, son entourage alerte sur des problèmes de santé graves, incluant insuffisance rénale, hypertension artérielle, troubles de la vision et perte de poids significative. Ses hospitalisations se sont multipliées, notamment en 2025, année où il avait également mené une grève de la faim suite à la confiscation de ses médicaments.

Pour ses partisans, cette situation incarne une détention prolongée sans jugement, violant les principes fondamentaux du droit. Du côté des autorités judiciaires, le dossier est officiellement toujours en cours. Néanmoins, la déprogrammation inattendue de l’audience du 25 mai 2026 ravive les critiques concernant le blocage persistant de cette affaire, qui se trouve au carrefour d’enjeux judiciaires, sécuritaires et politiques entre le Tchad et la Centrafrique.

À ce jour, aucune date de reprise du procès n’a été communiquée. L’affaire Abdoulaye Miskine demeure ainsi en suspens, sans perspective claire de jugement, de libération ou d’extradition, plongeant ses proches dans l’incertitude.

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