14 mai 2026

Suspension des liaisons routières vers Bamako au Mali

À Bamako le 26 avril 2026

Plus d’une dizaine de sociétés spécialisées dans le transport routier ont décidé de suspendre leurs liaisons vers et depuis Bamako. Cette décision intervient alors que des groupes armés jihadistes imposent un blocus autour de la capitale malienne, provoquant des incendies de véhicules et des perturbations majeures.

Un contexte sécuritaire dégradé au Mali

Le Mali traverse une période critique marquée par des attaques simultanées perpétrées les 25 et 26 avril par deux groupes armés : le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda, et le Front de libération de l’Azawad (FLA), une rébellion touarègue. Ces assauts ciblaient des positions stratégiques détenues par la junte militaire au pouvoir.

Blocus autour de Bamako : conséquences sur les transports

Depuis le 30 avril, les jihadistes bloquent plusieurs axes routiers menant à Bamako, une ville entièrement dépendante des importations par la route en raison de son enclavement. Cette situation a poussé les compagnies de transport à interrompre leurs activités pour des raisons de sécurité et pour limiter leurs pertes financières.

« Nous avons pris la décision d’interrompre nos services afin de garantir la sécurité de nos passagers et réduire les risques pour nos véhicules », a expliqué un responsable d’une agence de transport. Il a également précisé avoir perdu six bus lors d’incidents survenus samedi sur la route de Ségou, dans le centre du pays.

Pénuries et perturbations à Bamako

Les répercussions du blocus se ressentent fortement dans la capitale. Plusieurs stations-service de Bamako affichent des files d’attente interminables, le gasoil étant devenu quasi introuvable depuis plusieurs semaines. Les autorités ont cependant annoncé avoir reçu plus de 700 citernes de carburant en provenance de la Côte d’Ivoire via l’axe reliant les deux pays.

Les violences se poursuivent : des jihadistes ont récemment incendié plusieurs convois de marchandises ainsi que des bus de transport. Par ailleurs, l’approvisionnement en électricité est fortement perturbé. « Nous avons subi 72 heures sans courant. Le rétablissement n’a été que partiel et temporaire », a témoigné un habitant de Bamako. La société Énergie du Mali (EDM) a évoqué des « perturbations majeures » liées à des actes de sabotage attribués aux groupes terroristes.

La fourniture d’eau potable est également touchée dans plusieurs communes de la ville en raison des délestages fréquents.

Transport routier Bamako : des compagnies en retrait

Officiellement, plus d’une dizaine de compagnies ont annoncé la suspension de leurs trajets. Certaines ont cependant arrêté leurs activités sans préavis, par crainte de représailles de la part des autorités qui pourraient les contraindre à reprendre leurs services. Si les grands axes menant à Bamako sont déserts, des minibus continuent d’y accéder par des chemins détournés.

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