14 juillet 2026

Eveil des Nations

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Sonko met en garde le gouvernement du Sénégal contre une censure institutionnelle

Un discours musclé à Touba

Lors de l’inauguration du siège du parti Pastef à Touba, Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale et ancien Premier ministre, a tenu un discours sans équivoque ce dimanche 12 juillet 2026. Face à une assistance en liesse, il a brandi la menace d’une censure institutionnelle contre le gouvernement dirigé par Al Aminou Lo. Son objectif ? Empêcher, selon ses termes, un « bradage » des ressources naturelles du Sénégal au profit de multinationales.

Des accusations lourdes contre le Premier ministre

Ousmane Sonko n’a pas mâché ses mots pour dénoncer la politique économique du gouvernement. Il reproche à Al Aminou Lo de trahir les promesses initiales de souveraineté économique, notamment sur les ressources stratégiques comme le gaz et le phosphate. Pour lui, les contrats signés ou en cours de négociation avec des partenaires étrangers, dont BP et Kosmos, s’apparentent aux dérives de l’ère Macky Sall. « Ils jouent avec les intérêts du Sénégal sous couvert d’améliorer le climat des affaires », a-t-il lancé, suscitant une salve d’applaudissements dans la salle.

Les tensions entre les deux hommes ne datent pas d’hier. Dès le début du mois de juin, Sonko avait déjà pointé du doigt le rôle d’Al Aminou Lo dans la gestion politique du pays. Ce dimanche, il est passé à l’action en brandissant une arme redoutable : la motion de censure. « Si le gouvernement ne respecte pas les intérêts de la nation, nous le renverserons », a-t-il déclaré, promettant de renouveler cette procédure aussi souvent que nécessaire.

Un projet de loi pour contrôler les contrats pétroliers

Pour renforcer son offensive, Ousmane Sonko a annoncé le dépôt imminent d’une proposition de loi radicale. Ce texte, porté par une députée de son parti, vise à soumettre toute attribution de bloc pétrolier ou gazier à l’approbation préalable de l’Assemblée nationale. « Aucun bloc ne sera accordé sans que les députés ne l’examinent pour vérifier qu’il sert les intérêts du Sénégal », a-t-il affirmé, évoquant le modèle norvégien comme référence en matière de transparence.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la lutte menée par Sonko sur les hydrocarbures. Lorsqu’il occupait encore le poste de Premier ministre, il avait déjà engagé une vaste campagne de transparence au printemps 2026. Il avait alors dénoncé des « contrats hérités » non conformes au code pétrolier et célébré les « victoires majeures » obtenues après renégociation de blocs comme Yakaar-Teranga.

Un gouvernement sous surveillance

Le leader du Pastef reproche aujourd’hui à l’exécutif actuel et à certaines nominations récentes, notamment à la tête de Petrosen, de vouloir freiner ces avancées. Pour lui, ces changements de cap risquent de stopper net les renégociations en cours et de reprendre les pratiques opaques du passé.

Dans un contexte où les ressources naturelles du Sénégal sont au cœur des enjeux économiques et géopolitiques, les déclarations de Sonko pourraient bien redessiner l’équilibre des pouvoirs à Dakar. Reste à savoir si le gouvernement d’Al Aminou Lo saura répondre à ces critiques ou si l’Assemblée nationale deviendra le théâtre d’un bras de fer institutionnel sans précédent.

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