Sénégal : limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko par le président Faye
Le président Faye destitue Ousmane Sonko de ses fonctions de Premier ministre
© SEYLLOU, AFP – L’ex-Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko
Un décret présidentiel a mis fin aux fonctions de Ousmane Sonko en tant que Premier ministre du Sénégal, ainsi qu’à celles de l’ensemble du gouvernement, dans la soirée de vendredi. Cette décision survient après des mois de frictions persistantes entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien mentor politique.
Dans une allocution télévisée diffusée par le secrétaire général de la présidence, Oumar Samba Ba, le chef de l’État a officiellement annoncé : « J’ai mis fin aux fonctions de monsieur Ousmane Sonko en tant que Premier ministre, et par conséquent à celles de tous les ministres et secrétaires d’État membres du gouvernement. »*
Le texte précise que les membres du gouvernement sortant devront assurer la gestion des affaires courantes jusqu’à la formation d’une nouvelle équipe.
Ancien opposant déterminé au président Macky Sall, Ousmane Sonko s’était vu interdire de se présenter à l’élection présidentielle de février 2024 en raison d’une condamnation pour diffamation. Cette décision avait privé le pays de l’un de ses principaux leaders politiques, déclenchant d’importantes manifestations contre le projet de troisième mandat de Macky Sall.
Sonko avait alors porté son soutien à Bassirou Diomaye Faye, qui a remporté le scrutin. Cependant, les relations entre les deux hommes se sont rapidement dégradées, malgré leur alliance initiale qui avait captivé une partie de la jeunesse sénégalaise par leur discours panafricaniste.
Le limogeage de Sonko, figure charismatique et influente, intervient dans un contexte où les tensions entre les deux dirigeants étaient devenues indéniables. Son parti, qui domine largement l’Assemblée nationale après avoir remporté haut la main les législatives de novembre 2024, reste un acteur clé du paysage politique sénégalais.
Dès l’annonce de sa destitution, Ousmane Sonko a réagi avec sérénité sur les réseaux sociaux : « Alhamdoulillah. Ce soir, je dormirai le cœur léger à Keur Gorgui », a-t-il déclaré en référence à son domicile dakarois. Peu après, des vidéos ont montré ses partisans affluer vers sa résidence, scandant son nom en signe de soutien.
Cette décision marque un tournant dans la politique sénégalaise, révélant les fractures au sein du pouvoir et l’évolution des rapports de force entre les institutions.