23 mai 2026

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Sénégal : le président Bassirou Diomaye Faye rompt avec Ousmane Sonko, un tournant politique majeur

Un raz-de-marée politique ébranle le Sénégal et la sous-région ouest-africaine. Vendredi 22 mai 2026, Bassirou Diomaye Faye, président de la République, a décidé de mettre fin brutalement aux fonctions de son Premier ministre et mentor, Ousmane Sonko. Cette décision historique scelle la fin du duo exécutif qui dirigeait le pays depuis sa victoire électorale en avril 2024.

Un décret présidentiel actant la séparation

La rupture a été officialisée par un décret présidentiel publié en soirée. Le chef de l’État a signé le document n°2026-1128, qui met immédiatement fin aux missions d’Ousmane Sonko à la tête du gouvernement. Cette mesure s’appuie sur les articles 42, 43, 53 et 56 de la Constitution sénégalaise, rappelant le rôle central du président comme garant des institutions et de la stabilité juridique.

Le texte précise sans équivoque dans son article premier : « Il est mis fin aux fonctions de M. Ousmane Sonko, Premier ministre de la République du Sénégal ». Cette décision, appliquée sans délai, entraîne automatiquement la dissolution du gouvernement dans son ensemble. Les ministres et secrétaires d’État sont désormais chargés des affaires courantes jusqu’à la formation d’un nouveau cabinet.

Un tandem politique né dans l’adversité

Pour comprendre l’ampleur de cette rupture, il faut revenir sur l’histoire fusionnelle des deux hommes. Ousmane Sonko, figure charismatique du PASTEF, avait bâti son opposition contre l’ancien régime. Après son exclusion de la course présidentielle en 2024 pour des raisons judiciaires, il avait choisi Bassirou Diomaye Faye, son secrétaire général, comme candidat de substitution sous le slogan « Diomaye, c’est Sonko ».

Porté par une vague populaire sans précédent, le jeune candidat avait remporté le scrutin dès le premier tour le 24 mars 2024. Nommé Premier ministre dès son investiture le 2 avril 2024, Ousmane Sonko devenait ainsi le premier mentor politique à occuper un poste subordonné à son ancien poulain, créant une gouvernance inédite dans l’histoire politique africaine.

Des divergences croissantes au sommet de l’État

Si l’entente entre les deux hommes avait été affichée publiquement, l’exercice du pouvoir a rapidement révélé des fractures profondes. Ousmane Sonko, défenseur d’un souverainisme affirmé, multipliait les prises de position radicales sur les contrats miniers, les partenariats internationaux et la refonte des relations diplomatiques. À l’inverse, Bassirou Diomaye Faye devait concilier ces ambitions avec les contraintes économiques et la nécessité de rassurer les investisseurs étrangers.

Les tensions se sont cristallisées lors du remaniement ministériel du 6 septembre 2025, révélé par le décret n°2025-430. Ce changement de gouvernement, loin d’apaiser les conflits, a exacerbé les luttes d’influence entre les partisans du Premier ministre et les technocrates soutenant le président. Cette cohabitation a progressivement révélé un déséquilibre institutionnel, où l’autorité réelle du chef de l’État était régulièrement contestée par l’ombre persistante d’Ousmane Sonko.

Quelle issue pour le Sénégal ?

Avec ce limogeage, Bassirou Diomaye Faye reprend le contrôle total de l’appareil d’État, s’affranchissant définitivement de la tutelle politique de son ancien mentor. La question centrale désormais porte sur la réaction d’Ousmane Sonko : optera-t-il pour une opposition constructive, une rupture définitive ou une stratégie de contestation basée sur son électorat historique ?

Les prochaines heures seront cruciales. La composition du futur gouvernement, attendue dans la journée, pourrait donner des indications précieuses sur la nouvelle orientation que souhaite imprimer le président à son mandat. Une chose est sûre : le Sénégal entre dans une phase politique totalement inédite.

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