22 juillet 2026

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Sénégal : le conseil constitutionnel enterre la réforme du pastef portée par ousmane sonko

une décision historique du conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel du Sénégal a rendu hier une décision historique en invalidant la réforme institutionnelle défendue par la majorité parlementaire du Pastef. Ce texte, présenté comme un projet visant à rééquilibrer les pouvoirs entre les institutions, a été jugé contraire à la Constitution par la plus haute instance judiciaire du pays.

Parmi les irrégularités pointées par le Conseil : l’absence de financement pour la future Cour constitutionnelle, prévue par la réforme, ainsi que des vices de procédure lors de l’examen des amendements gouvernementaux. Une saisine directe du président Bassirou Diomaye Faye avait permis de mettre en lumière ces lacunes.

une réforme aux ambitions multiples

Le projet de réforme porté par le Pastef ambitionnait de renforcer les enquêtes parlementaires, notamment sur les contrats liés à l’exploitation des ressources naturelles. Il prévoyait également d’étendre les prérogatives de contrôle de l’Assemblée nationale dans des domaines jusqu’alors peu accessibles. Cependant, ces avancées potentielles ont été balayées par l’arrêt du Conseil constitutionnel.

les réactions politiques : entre satisfactions et critiques

La décision a suscité des réactions contrastées au sein du paysage politique sénégalais. Ousmane Sonko, leader du Pastef, a reconnu publiquement la légitimité de l’arbitrage rendu par le Conseil constitutionnel, sans pour autant masquer sa déception. Du côté de la majorité présidentielle, on met en avant le bon fonctionnement des institutions et la nécessité de poursuivre le dialogue sur les réformes.

Dr. Binette Ndiaye, coordinatrice du Forum Citoyen, a salué cette décision en soulignant l’importance d’un processus plus inclusif : « C’est une initiative à saluer, car il était essentiel que les dispositions constitutionnelles fassent l’objet d’un consensus national, même en présence d’une majorité parlementaire. Le Conseil constitutionnel rappelle que la République exige le respect des avis et des procédures. »

les arguments de l’ex-députée adji diarra mergane kanouté

L’ex-députée et présidente de la coalition Ensemble Demain, Adji Diarra Mergane Kanouté, a analysé en détail les motifs de l’invalidation. Selon elle, la réforme aurait pu créer des charges publiques importantes, comme l’organisation d’élections ou la mise en place d’une Cour constitutionnelle, sans que les recettes compensatrices nécessaires ne soient prévues. Elle a également pointé du doigt le non-respect de l’article 82, alinéa quatre, lors de l’examen des amendements par l’Assemblée nationale.

Elle a conclu : « Le Conseil constitutionnel est dans son droit en déclarant cette réforme contraire à la Constitution. Cependant, cela n’exclut pas la possibilité pour l’Assemblée nationale de proposer une nouvelle révision, à condition de respecter scrupuleusement les procédures légales. »

tensions politiques au sommet de l’état

Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye. Après avoir été écarté de la Primature en mai dernier, Ousmane Sonko avait rapidement été nommé à la présidence de l’Assemblée nationale. Depuis, les divergences entre les deux figures du pouvoir se sont multipliées, au point que Sonko évoquait récemment une situation de « cohabitation » avec le chef de l’État.

Pour de nombreux observateurs, l’invalidation de cette réforme marque un nouveau tournant dans la rivalité qui s’installe au sommet de l’État. Ce conflit pourrait avoir des répercussions durables sur la vie politique du Sénégal, alors que les tensions entre les institutions s’accentuent.

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