1 mai 2026

Rôle de la Russie dans la sécurité du Mali et du Sahel

Rôle de la Russie dans la sécurité du Mali et du Sahel : une influence en question

L’engagement militaire russe au Sahel, notamment au Mali, suscite des interrogations après les récents revers face aux groupes armés.

Les récentes attaques coordonnées menées par des groupes armés au Mali ont mis en lumière le rôle des forces russes dans la région. Après des assauts d’ampleur contre des bases militaires maliennes, le pouvoir en place à Bamako a affirmé que la situation était « sous contrôle » grâce au soutien aérien russe. Pourtant, la situation sécuritaire reste fragile, avec des prises de villes clés par des rebelles liés à AQMI et des mouvements séparatistes touaregs.

Les analystes s’interrogent sur l’efficacité réelle de l’alliance militaire entre le Mali et la Russie. Des rapports indiquent que les forces russes ont quitté la ville de Kidal, dans le nord du pays, après une offensive des groupes armés. Ces mercenaires, intégrés désormais à l’Africa Corps, opèrent sous l’égide du ministère russe de la Défense depuis la dissolution du groupe Wagner en 2023.

Que s’est-il passé lors des attaques au Mali ?

Le week-end dernier, des groupes armés ont lancé une offensive simultanée dans plusieurs villes, dont Bamako. Le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, a été tué lors de ces combats. Les villes de Kidal, Gao, Sévare et Kati, abritant des bases militaires stratégiques, ont été ciblées. Cette escalade de violence rappelle les tensions persistantes depuis 2012.

Depuis 2021, environ 2 000 combattants russes sont déployés au Mali, remplaçant les troupes françaises et onusiennes. Initialement intégrés au groupe Wagner, ils ont été réorganisés sous l’Africa Corps, avec une approche plus défensive que leur prédécesseur. Pourtant, les droits humains dénoncent des exactions commises par toutes les parties, y compris les forces russes.

Quelle est la position de la Russie ?

Dans un communiqué publié sur Telegram, l’Africa Corps a confirmé son retrait de Kidal, précisant que cette décision était conjointe avec les autorités maliennes. « Les blessés et le matériel lourd ont été évacués en premier. Le personnel continue sa mission de combat », a-t-il déclaré. Le ministère russe de la Défense a également affirmé avoir soutenu les troupes maliennes en empêchant des attaques contre le palais présidentiel de Bamako.

Cependant, le gouverneur régional de Kidal avait prévenu les mercenaires russes trois jours avant l’attaque, sans obtenir de réaction suffisante, selon un haut responsable malien cité par RFI. Certains observateurs suggèrent que le retrait russe aurait été négocié à l’avance.

Quel impact sur l’influence russe au Sahel ?

Lorsque la France a commencé son retrait du Sahel en 2021, la Russie s’est présentée comme une alternative non coloniale. Moscou utilise l’Africa Corps et d’autres entités pour étendre son influence en Afrique, notamment en Centrafrique, au Liban et au Soudan. Au Niger et au Burkina Faso, ses effectifs sont plus réduits et jouent un rôle davantage consultatif.

Malgré des succès ponctuels, comme la reprise de Kidal en 2023, les récents événements ont ébranlé la crédibilité de l’engagement russe. Ulf Laessing, expert à la Fondation Konrad-Adenauer, a souligné : « L’Africa Corps a perdu en crédibilité. Ils n’ont pas résisté lors des attaques et ont abandonné Kidal, un bastion touareg symbolique. »

Les forces restantes maliennes et civiles ont quitté Kidal pour Gao, laissant planer le doute sur les futures positions défensives. Bien que le ministère russe de la Défense affirme poursuivre ses opérations, les doutes persistent quant à son efficacité réelle.

« La Russie aura du mal à convaincre de nouveaux partenaires de la fiabilité de l’Africa Corps. Leur échec a causé des dommages réputationnels », a conclu Laessing.

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