Nigeria : libération exceptionnelle de 400 otages par boko haram
Nigeria : libération exceptionnelle de 400 otages par boko haram
Ce week-end, le nord-est du Nigeria a vécu un soulagement historique avec la libération de centaines de personnes kidnappées par Boko Haram dans un village reculé de l’État de Borno. Selon un sénateur et un responsable local de la jeunesse, 416 femmes et enfants, enlevés plus tôt cette année, ont retrouvé la liberté samedi.
une opération humanitaire dans un bastion djihadiste
Samaila Kaigama, président de la Borno South Youth Alliance (BOSYA), a confirmé auprès de la presse que son organisation avait joué un rôle clé dans ce dénouement. « Nous avons obtenu la libération des 416 femmes et enfants enlevés à Ngoshe », a-t-il déclaré. Cette localité, située à moins de 10 kilomètres de la frontière camerounaise, dans les collines de Gwoza, est un repaire connu des combattants de Boko Haram.
Les victimes, capturées dans plusieurs communautés voisines, avaient été détenues dans des conditions extrêmement précaires. « Malheureusement, deux nourrissons sont décédés des suites d’un épuisement extrême, aggravé par un terrain hostile et une captivité prolongée », a révélé Daniel Bwala, porte-parole du président Bola Tinubu, sur les réseaux sociaux.
des méthodes controversées pour briser les rangs djihadistes
Les autorités militaires nigérianes ont révélé avoir mené des opérations psychologiques pour semer la discorde au sein des groupes armés. « Nous avons recueilli des renseignements cruciaux et désorganisé les insurgés avant de lancer l’assaut final », a expliqué un communiqué de l’armée.
Les djihadistes réclamaient des rançons exorbitantes pour ces otages. Si le gouvernement nigérian dément catégoriquement avoir cédé à ces exigences, les experts estiment que les paiements de rançons restent une pratique répandue, tant au niveau étatique que familial. Entre juillet 2024 et juin 2025, les groupes armés – djihadistes, bandes criminelles ou séparatistes – auraient ainsi empoché plus de 1,66 million de dollars grâce à ces enlèvements, selon une étude récente.
une crise humanitaire aux racines profondes
Depuis son apparition en 2009, Boko Haram a plongé le nord-est du Nigeria dans un chaos sans précédent. L’insurrection, qui a essaimé en plusieurs factions armées, a causé la mort de dizaines de milliers de personnes et déplacé des millions d’autres. Ngoshe, régulièrement ciblée, symbolise cette zone de non-droit où les civils paient le prix fort.
Cette libération, bien que partielle, redonne un espoir fragile dans une région martyrisée par des années de violence.