14 mai 2026

Niger : la réforme administrative de Tiani pour mieux combattre les groupes armés

Un redécoupage territorial ambitieux pour renforcer la sécurité au Niger

Depuis son arrivée au pouvoir en juillet 2023, le général Abdourahamane Tiani place la lutte contre les groupes djihadistes au cœur de sa stratégie nationale. Pour y parvenir, son gouvernement envisage une refonte majeure de l’organisation administrative du Niger. Le ministère de l’Intérieur, dirigé par le général Mohamed Toumba, a dévoilé le 12 mai 2026 à Niamey un projet de redécoupage prévoyant le passage de 8 à 19 régions et de 63 à 82 départements. Cette initiative, présentée au Conseil consultatif de la Refondation (CCR), s’inscrit dans le cadre d’une politique de refondation nationale pilotée par l’exécutif en place.

L’objectif affiché est double : rapprocher les services publics des populations et densifier la présence de l’État dans les zones les plus exposées aux menaces terroristes. Cette réforme s’accompagne d’un réaménagement du maillage communal, visant à porter le nombre de communes à 255. Une mesure visant à optimiser l’efficacité des forces de défense et de sécurité déployées sur le terrain.

Des divisions administratives redessinées pour une meilleure couverture sécuritaire

Le projet repose sur une fragmentation des régions actuelles. Ainsi, les régions de Maradi, Zinder et Tahoua seraient divisées en trois chacune, tandis que Tillabéri, Agadez et Diffa seraient scindées en deux. La capitale, Niamey, serait recentrée autour de deux départements. Cette restructuration administrative permettrait de mieux couvrir les zones frontalières, notamment la bande des trois frontières où sévissent des groupes armés, ainsi que le bassin du Lac Tchad, menacé par les incursions de Boko Haram et de l’ISWAP.

Lors de son passage à la Radio Télévision du Niger le 21 avril, le général Mohamed Toumba avait déjà souligné l’importance de ce redécoupage comme levier pour renforcer le dispositif sécuritaire. L’idée est de créer un maillage administratif plus fin, facilitant ainsi le déploiement des forces armées et des services publics dans les zones les plus vulnérables.

Des réticences locales face à la nouvelle carte administrative

Malgré les arguments avancés par l’exécutif, le projet suscite des critiques dans plusieurs régions. Dans l’Est, la création d’une région nommée Komadougou, avec Diffa comme chef-lieu, est contestée par les habitants de Nguigmi. Ces derniers dénoncent à la fois l’absence de promotion de leur département au rang de région et le choix d’un nom jugé inapproprié pour une zone marquée par le Lac Tchad. À l’Ouest, les populations du département de Say s’inquiètent d’un éloignement accru de leur chef-lieu régional, ce qui contredit l’objectif affiché de proximité administrative.

Par ailleurs, les détails financiers de cette réforme n’ont pas été communiqués lors de la présentation. Le projet, encore en phase de discussion, devra être peaufiné à l’issue des consultations menées par le CCR avant d’être adopté officiellement par les autorités de transition.

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