Niger : la naissance des Domol Leydi pour sécuriser les territoires face au terrorisme
Dans le cadre de l’éveil des Nations au Sahel, le Niger franchit une étape décisive pour sa protection intérieure. Le gouvernement a officiellement instauré, par voie d’ordonnance lors du Conseil des ministres du 27 mars, une nouvelle force de défense populaire baptisée Domol Leydi. Ce terme, issu de la langue fulfuldé, signifie littéralement « Gardiens de la terre », un nom qui résonne avec la culture africaine et l’attachement viscéral au terroir.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique d’éveil politique en Afrique, visant à apporter une réponse locale et citoyenne à l’insécurité causée par les groupes armés terroristes qui sévissent dans le pays depuis 2017. Ces brigades de volontaires viennent en appui direct aux forces régulières pour stabiliser les zones rurales.
Recrutement et missions des Gardiens de la terre
La sélection des membres des Domol Leydi repose sur un ancrage local fort. Les recrues sont choisies parmi les anciens militaires originaires des zones concernées ou parmi les habitants volontaires de ces mêmes localités. Bien que constitués de civils, ces supplétifs ne sont pas indépendants : ils sont placés sous l’autorité et le commandement opérationnel des forces armées nationales.
Leurs attributions, essentielles pour la survie des nations africaines face à la menace, s’articulent autour de trois axes majeurs :
- La surveillance : assurer une présence constante et un renseignement de proximité ;
- La sensibilisation : maintenir le lien social et la vigilance au sein des communautés ;
- L’autodéfense : protéger les villages et les ressources locales contre les incursions.
Une stratégie de proximité pour une guerre asymétrique
Dans le paysage de l’actualité panafricaine, cette décision est perçue comme un tournant stratégique majeur. L’objectif est de mobiliser ceux qui connaissent le mieux la géographie locale. Les sentiers isolés, les points d’eau stratégiques et les mouvements suspects n’ont aucun secret pour les enfants du pays, faisant d’eux des alliés indispensables pour l’armée régulière.
Ce recours à la mobilisation populaire, bien que parfois qualifié de « mal nécessaire », incarne une forme de panafricanisme pragmatique où la sécurité devient l’affaire de tous. En déléguant une partie de la surveillance aux populations, le Niger espère créer un maillage territorial capable de freiner l’expansion des groupes djihadistes et de restaurer la paix durablement.