Niamey sous le feu : une nouvelle attaque meurtrière frappe l’aéroport de la capitale nigérienne
Une nouvelle attaque dévastatrice a frappé l’aéroport de Niamey, la capitale du Niger, entraînant la mort d’au moins onze soldats et deux civils. Cette offensive, attribuée à des jihadistes présumés, survient seulement six mois après un précédent assaut majeur revendiqué par le groupe État islamique, soulignant la persistance des défis sécuritaires dans le pays.
Le Niger est confronté à une vague de violences jihadistes que la junte militaire, au pouvoir depuis près de trois ans, peine à maîtriser. Fin janvier, l’aéroport international de Niamey et sa base militaire attenante avaient déjà été la cible d’une attaque de grande envergure, repoussée à l’époque par l’armée nigérienne et ses alliés russes.
Ce jeudi matin, des assaillants, dont certains étaient équipés de ceintures explosives, ont tenté de s’infiltrer dans l’aérogare de l’aéroport de Niamey. Cependant, la réactivité des forces de sécurité a été déterminante, empêchant les terroristes d’atteindre leur objectif principal.
Le bilan provisoire de cette tentative d’incursion fait état de treize « martyrs » : onze membres des forces de défense et de sécurité et deux civils, ainsi que quatre blessés. Du côté des assaillants, vingt-deux ont été neutralisés et une vingtaine de suspects ont été interpellés. Une vaste opération de ratissage est actuellement en cours par les forces de défense et de sécurité, affirmant que « la situation est maîtrisée » et que « l’aéroport international, totalement sécurisé, reste ouvert au trafic aérien ». Néanmoins, plusieurs vols à destination de Niamey ont été déroutés ou retardés, selon les données de services de suivi aérien.

Un site stratégique sous haute tension
Les premiers échanges de tirs ont retenti vers 6h du matin (5h GMT) et se sont poursuivis pendant au moins deux heures. Ces affrontements se sont concentrés au niveau d’un poste de contrôle, situé sur l’unique voie d’accès à l’aéroport, à quelques centaines de mètres de l’entrée de l’aérogare. Les assaillants, armés, seraient arrivés à bord de taxis, avant d’être confrontés à une résistance acharnée des forces de sécurité. Le calme est revenu aux alentours de 10h (9h GMT) dans la zone, mais les terroristes se sont dispersés dans les quartiers avoisinants, où les forces de sécurité mènent d’intenses opérations de ratissage. De nombreux assaillants ont été abattus, et d’autres capturés, avec l’aide précieuse de la population locale.
Cet événement survient moins de six mois après l’attaque du 29 janvier qui avait profondément marqué le Niger. Il s’agissait alors de la première fois que l’aéroport de la capitale était directement ciblé par des jihadistes, causant quatre blessés et d’importants dégâts matériels. Le site est d’une importance stratégique capitale : entre décembre et janvier, il abritait une cargaison significative de concentré d’uranium, dont l’exportation était bloquée et qui n’a pas bougé depuis. Le général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire issu du coup d’État de juillet 2023, avait précédemment reconnu une « faille dans le dispositif » ayant permis la première attaque, dont l’objectif était de « détruire toutes les capacités aériennes » de l’armée.
En réponse à ces menaces récurrentes, le régime avait récemment intensifié ses efforts de sécurisation, lançant une vaste campagne de démolition de quartiers autour de l’aéroport. De plus, le mur d’enceinte a été rallongé et plus de 350 caméras de surveillance ont été installées, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’enceinte aéroportuaire, afin de renforcer la sécurité de cette infrastructure vitale pour la nation.