15 mai 2026

N’Djamena dément les allégations de l’ONU sur les frappes contre Boko Haram

Le gouvernement du Tchad a fermement réfuté les allégations des Nations Unies concernant des pertes civiles lors d’opérations aériennes ciblant le groupe terroriste Boko Haram dans la région du Lac Tchad. Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 14 mai, les autorités tchadiennes ont exigé des preuves concrètes et ont proposé d’accueillir une mission d’enquête indépendante sur le terrain.

Plus tôt, l’ONU avait rapporté dimanche que des frappes aériennes, attribuées aux forces nigérianes et à l’armée tchadienne, auraient entraîné la mort d’une centaine de civils dans le nord-est du Nigeria et au Tchad. Certaines de ces victimes auraient péri lors d’interventions visant Boko Haram, poussant l’organisation internationale à demander l’ouverture d’investigations approfondies.

Pour Gassim Chérif Mahamat, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, ces accusations sont infondées. « Nous accueillons ces déclarations avec stupéfaction. De telles allégations graves ont pour but de jeter le discrédit sur l’Armée tchadienne, pourtant en première ligne dans la lutte acharnée contre le terrorisme, que ce soit au Sahel ou dans le bassin du Lac Tchad. C’est une force armée professionnelle qui a amplement démontré son efficacité », a-t-il affirmé.

Le ministre a insisté sur le fait qu’il n’y avait « ni civils ni pêcheurs » dans les zones spécifiquement visées par l’aviation tchadienne. « À ce jour, aucune preuve formelle ne vient étayer ces reproches », a-t-il ajouté, précisant que N’Djamena se dit prête à « mener ses propres investigations et à inviter les Nations Unies, ou toute autre entité internationale, à se rendre sur place pour conduire des enquêtes indépendantes et transparentes ».

Le porte-parole a également rappelé que l’état d’urgence en vigueur dans cette zone stratégique a pour objectif primordial d’assurer la sécurité et le bien-être des populations locales. L’armée et les services de sécurité y sont d’ailleurs déployés de manière continue.

Il a par ailleurs mis en avant la stratégie globale de lutte contre Boko Haram, qui repose sur deux axes majeurs : un pilier sécuritaire robuste et un volet socio-économique essentiel. Selon ses déclarations, l’État a massivement investi dans la région afin de contrer l’endoctrinement terroriste, souvent favorisé par la pauvreté endémique et le manque criant d’infrastructures de base.

« Le Tchad paie un lourd tribut, tant par sa population que par son armée, mobilisée sans relâche », a souligné Gassim Chérif Mahamat. Il a réitéré que son pays n’est pas le seul État riverain du Lac Tchad affecté par cette menace et qu’il collabore étroitement avec le Nigeria dans l’effort commun pour démanteler la nébuleuse Boko Haram.

Les 4 et 6 mai derniers, le groupe jihadiste avait orchestré des attaques contre des positions de l’Armée tchadienne, occasionnant plusieurs morts et blessés. Pour N’Djamena, la responsabilité des violences incombe clairement à Boko Haram, et non aux forces armées tchadiennes.

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