Mgr Fulgence Muteba : le référendum en rdc, une menace en temps de guerre
Le référendum en RDC : une initiative controversée en pleine crise sécuritaire
Alors que la République démocratique du Congo (RDC) fait face à une escalade des violences, la question d’un référendum constitutionnel suscite de vives tensions. Mgr Fulgence Muteba, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), a exprimé une position claire sur ce sujet sensible.
Dans un entretien exclusif, il a souligné que « cette consultation populaire n’est pas opportune dans un contexte marqué par l’instabilité et les conflits armés ». Selon lui, organiser un référendum en pleine guerre pourrait aggraver les divisions et fragiliser davantage la cohésion nationale.
Un pays en proie à l’insécurité et aux défis politiques
La RDC traverse une période particulièrement difficile. Les affrontements entre les forces armées et les groupes armés, notamment dans l’est du pays, ont déjà fait des milliers de victimes et déplacé des centaines de milliers de personnes. Dans ce climat, toute initiative susceptible d’exacerber les tensions doit être examinée avec la plus grande prudence.
Mgr Muteba a rappelé que la Cenco, en tant qu’institution morale et spirituelle, joue un rôle clé dans l’accompagnement des populations. Elle appelle à la responsabilité des dirigeants pour éviter toute mesure qui pourrait déstabiliser davantage le pays.
Les risques d’un référendum en temps de guerre
Plusieurs arguments militent contre la tenue d’un référendum dans l’immédiat. D’abord, la sécurité des citoyens ne peut être garantie dans les zones en conflit. Ensuite, un tel scrutin pourrait être instrumentalisé à des fins politiques, alimentant les divisions plutôt que favorisant le dialogue.
Pour Mgr Muteba, « la priorité doit être donnée à la paix et à la réconciliation nationale. Un référendum, si nécessaire, ne devrait être envisagé qu’une fois la stabilité restored ». Il a également insisté sur l’importance de consulter l’ensemble des acteurs, y compris les représentants religieux, avant toute décision.
La voix de l’Église dans le débat national
La Cenco, en tant que voix morale, a toujours plaidé pour une approche inclusive et apaisante. Les responsables religieux, comme Mgr Muteba, sont souvent perçus comme des médiateurs neutres, capables de transcender les clivages politiques et ethniques.
Dans un pays où les tensions politiques sont fréquentes, leur position prend une importance particulière. Ils rappellent que la légitimité des institutions doit reposer sur la confiance des citoyens, et non sur des décisions prises dans l’urgence ou sous la pression.
Les attentes de la population
Les Congolais, épuisés par des années de crises, aspirent à la stabilité et à la prospérité. Un référendum mal préparé ou mal interprété pourrait en effet renforcer les frustrations et alimenter les conflits. La société civile et les leaders communautaires attendent des dirigeants qu’ils privilégient le dialogue et la reconstruction nationale.
Mgr Muteba a conclu en appelant à la sagesse et à la patience : « La paix ne se décrète pas, elle se construit. Et cette construction doit inclure tous les acteurs, sans exception. »