Mali : une attaque djihadiste d’une violence inouïe frappe le camp militaire de Dioura
Un bilan humain parmi les plus lourds pour l’armée malienne
Le camp militaire de Dioura, situé dans le centre du Mali, a été la cible d’une offensive djihadiste d’une rare intensité dans la journée du jeudi 10 septembre. Selon les informations recueillies auprès de sources sécuritaires et locales, au moins cinquante militaires maliens ainsi que cinq paramilitaires russes appartenant à Africa Corps, l’entité qui a succédé au groupe Wagner, ont perdu la vie. Des dizaines d’autres soldats ont été capturés par les assaillants.
L’attaque a été revendiquée dans la foulée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une organisation affiliée à Al-Qaïda. Un officier déployé sur zone a confirmé l’ampleur des pertes, évoquant un bilan « élevé ». Une source sécuritaire basée à Mopti fait état de « plus de 60 soldats tués », auxquels s’ajoutent une soixantaine de prisonniers. Un élu local avance même le chiffre d’« au moins 80 militaires tués ».
Riposte de l’armée et opérations aéroterrestres
Face à cette situation, l’armée malienne a annoncé, dans un communiqué diffusé le dimanche suivant, le lancement d’« opérations aéroterrestres engagées contre les assaillants ». Ces opérations ont permis, selon le communiqué, la « neutralisation » de plusieurs éléments terroristes circulant à motocyclette au sud-ouest de la localité, qui tentaient de se dissimuler sous un couvert végétal.
Un témoignage recueilli sur place indique que les djihadistes ont attaqué le camp de Dioura avant de revenir le lendemain, et que l’armée n’a pas envoyé de renforts dans l’immédiat.
Un contexte sécuritaire toujours plus dégradé
Cette attaque s’inscrit dans une crise sécuritaire qui ravage le Mali depuis 2012, alimentée par les violences de groupes djihadistes, les actions des indépendantistes touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA) et les conflits communautaires. Le pays, dirigé par une junte militaire, s’est tourné vers la Russie, dont les paramilitaires d’Africa Corps appuient la lutte antidjihadiste.
La situation s’est considérablement aggravée depuis fin avril 2026, lorsque les djihadistes du JNIM, alliés à la rébellion du FLA, ont lancé une série d’attaques coordonnées contre des positions stratégiques de la junte et de l’armée, y compris aux abords de Bamako, la capitale. Ces offensives ont coûté la vie au ministre de la Défense.
Le 18 juillet dernier, au moins 50 autres militaires maliens avaient déjà été tués dans une embuscade tendue par cette même coalition contre un convoi militaire quittant la ville stratégique d’Anéfis, dans le nord du pays, en direction de Gao.