28 avril 2026

Mali : un tour de vis contre la société civile et les libertés

Au Mali, la liberté d’association subit une nouvelle attaque avec la dissolution d’une organisation étudiante par le ministre de l’Administration territoriale. Cette mesure s’inscrit dans une vague de répression menée par le gouvernement.

Le ministre a justifié sa décision en accusant l’Association des Élèves et Étudiants du Mali (AEEM) d’être à l’origine de « violences et affrontements » dans les environnements scolaires et universitaires. Il a également rappelé qu’entre 2017 et 2018, des membres de l’association avaient été arrêtés par les forces de l’ordre en possession d’armes, de produits stupéfiants et de sommes d’argent considérables sans justification.

L’AEEM est la quatrième organisation dissoute en moins de quatre mois. Le 6 mars, la Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko, qui militait pour un retour à l’ordre constitutionnel via des élections présidentielles, a été dissoute pour « déstabilisation » et « menace pour la sécurité publique ». Auparavant, le 28 février, l’organisation politique Kaoural Renouveau avait subi le même sort pour des « propos diffamatoires et subversifs » à l’encontre de la junte militaire. Le 20 décembre, c’était au tour de l’Observatoire pour les élections et la bonne gouvernance, un organisme de la société civile, d’être dissous, son président étant accusé de « déclarations de nature à troubler l’ordre public ».

Depuis le coup d’État militaire de 2021, la junte malienne a intensifié sa répression contre la dissidence pacifique, l’opposition politique et les médias, entraînant un rétrécissement notable de l’espace civique. Dans ce contexte, le colonel de gendarmerie Alpha Yaya Sangaré a été victime d’une disparition forcée le 4 mars, peu après la publication d’un livre dénonçant les exactions des forces armées maliennes.

Face à cette situation, la Commission nationale des droits de l’homme du Mali a exprimé son inquiétude concernant les « menaces sérieuses pesant sur l’exercice de certains droits civiques et politiques ». Elle a dénoncé une « tendance systémique de dissolution et/ou de suspension de partis politiques et/ou d’associations ». Seif Magango, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, a également partagé des préoccupations similaires.

Alors que le Mali est gouverné par un régime non élu depuis bientôt trois ans, la nécessité d’un espace civique et politique libre et sécurisé, où les citoyens peuvent s’organiser, s’exprimer et manifester, est plus impérative que jamais. Les autorités sont appelées à réhabiliter sans délai les organisations dissoutes et à garantir le respect des libertés et droits fondamentaux.

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