2 juin 2026

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Mali : les experts de l’ONU alertent sur les restrictions des partis politiques

Le Mali face à un risque de restriction des libertés politiques selon l’ONU

Un groupe d’experts indépendants des Nations Unies a tiré la sonnette d’alarme concernant deux mesures récentes prises par le gouvernement Malien. D’une part, un projet de loi visant à supprimer des protections fondamentales pour la participation politique, et d’autre part, un décret suspendant indéfiniment les activités des partis politiques. Ces actions, selon eux, constituent une violation grave des droits humains et sapent les fondements démocratiques du pays.

Les spécialistes onusiens exigent l’abrogation immédiate du décret interdisant les activités des formations politiques. Ils mettent en garde contre l’adoption du projet de loi du 30 avril, qui, selon eux, placerait le Mali en infraction avec ses engagements internationaux, notamment en matière de libertés d’association et d’expression.

Le gouvernement Malien justifie ces mesures par la volonté de « limiter la prolifération des partis politiques ». Pourtant, les experts rappellent qu’une réduction durable de leur nombre passe avant tout par des règles électorales transparentes, et non par des contraintes financières discriminatoires.

Des consultations controversées

Les Assises Nationales de la Refondation de 2021 et les consultations d’avril 2025 sur la Charte des Partis Politiques ont été présentées comme des sources d’inspiration pour ce projet. Or, les observateurs soulignent l’absence de véritable dialogue dans un contexte où l’espace civique se réduit comme peau de chagrin. Les opposants et les journalistes indépendants, sous la menace de sanctions, hésitent à s’exprimer librement. Plusieurs partis ont boycotté les consultations d’avril, craignant que le processus ne serve de prétexte pour dissoudre des formations politiques ou leur interdire toute activité.

Parmi les propositions adoptées par le Conseil des ministres, on note la nomination du général Assimi Goita à la présidence pour cinq ans, renouvelable, sans élection. Les experts dénoncent une trahison des engagements nationaux et internationaux du Mali.

Appel au Conseil national de transition

Le texte doit maintenant être soumis au Conseil national de transition, dirigé par le général Malick Diaw, pour validation. Les experts de l’ONU appellent ses membres à rejeter ce projet de loi, tout en proposant leur aide pour le réviser en conformité avec les normes internationales en matière de droits humains.

En réaction, les partis politiques ont organisé des manifestations les 3 et 4 mai, mais affirment avoir subi des perturbations violentes par des individus soutenant les autorités de transition. Une nouvelle journée de mobilisation est prévue le 9 mai.

Les experts rappellent que le droit de réunion pacifique est un pilier essentiel pour une démocratie saine. Ils exhortent les autorités maliennes à respecter ce droit et à éviter toute intimidation ou répression envers les manifestants.

Les signataires de l’alerte

Parmi les experts ayant signé ce communiqué, on compte :

  • Eduardo Gonzalez, expert indépendant sur la situation des droits de l’homme au Mali ;
  • Irene Khan, rapporteuse spéciale sur la liberté d’opinion et d’expression ;
  • Gina Romero, rapporteuse spéciale sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d’association.

À propos des procédures spéciales de l’ONU

Les rapporteurs spéciaux et experts indépendants de l’ONU, qui œuvrent de manière bénévole, font partie des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Ces mécanismes indépendants enquêtent sur des situations spécifiques ou des questions thématiques à travers le monde, sans lien avec les gouvernements ou organisations. Leur travail est essentiel pour garantir le respect des droits humains à l’échelle globale.

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