Maintien des relations militaires entre Washington et l’Alliance des États du Sahel

En dépit des fortes tensions diplomatiques observées ces dernières années, les États-Unis maintiennent leurs liens stratégiques avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Bien que ces pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) soient désormais sous l’autorité de gouvernements militaires, Washington a choisi de poursuivre sa coopération sécuritaire.
Le général John Brennan, commandant adjoint de l’Africom, a confirmé cette collaboration persistante. Il a notamment souligné que des échanges d’informations ont toujours lieu pour neutraliser des cibles terroristes prioritaires. Toutefois, l’officier supérieur admet que le contexte actuel diffère radicalement de la situation d’il y a deux ou trois ans.
Selon John Brennan, l’objectif américain est de rassurer ces partenaires sur la volonté de soutien des États-Unis. Il pointe également du doigt l’influence de compétiteurs étrangers qui diffusent des discours de désinformation pour nuire aux relations entre Washington et les capitales du Sahel.
Une stratégie américaine dictée par des intérêts multiples
D’après l’analyse d’Abdoulmoumouni Abbas, chercheur spécialisé dans la prévention de l’extrémisme au Sahel, l’implication des États-Unis dépasse le cadre strict de la lutte antiterroriste. La présence américaine, notamment à Agadez par le passé, répondait à des enjeux de lutte contre la criminalité transfrontalière, le trafic de drogue et la gestion des flux migratoires.
Parallèlement, les forces américaines renforcent leur appui technique et matériel au Nigeria pour combattre les insurgés de l’État islamique. Cette posture pragmatique interroge néanmoins certains observateurs sur la cohérence de la diplomatie américaine face aux régimes issus de putschs militaires.
Enfin, la direction de l’Africom a précisé que Washington ne projette pas de remplacer ses installations militaires au Niger suite au départ exigé par les autorités de Niamey. Cette mise au point vise manifestement à calmer les opinions publiques régionales et à démontrer un respect des décisions souveraines des pays de la zone.