7 juillet 2026

Eveil des Nations

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L’impasse du processus de paix RDC-Rwanda : Washington pointé du doigt par Jason Stearns

Signature de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda sous l’égide des États-Unis

Le processus de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda se trouve actuellement dans une situation de blocage total, a déclaré Jason K. Stearns, professeur associé à l’université Simon Fraser. Lors d’une discussion animée par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, il a souligné que les initiatives de Doha-Montreux et de Washington n’avaient produit aucune avancée significative au cours de la dernière année.

Concernant les pourparlers de Montreux, Jason Stearns a relevé une persistance des désaccords fondamentaux entre le gouvernement congolais et l’Alliance du fleuve Congo (AFC)/M23. Il a également noté que si de nombreux accords ont été signés entre Kinshasa et Kigali sous l’impulsion de Washington, leur mise en œuvre concrète représente un défi majeur. Comparant cette situation à d’autres dossiers diplomatiques, il a estimé que l’administration Trump, bien qu’investie dans la diplomatie, risquait de se limiter à de « belles déclarations et des protocoles d’accord (MOU) » sans parvenir à des progrès tangibles sur le terrain.

Le véritable enjeu, selon l’expert, demeure la capacité à dépasser ces accords-cadres pour atteindre un compromis véritable, dont la nature reste encore floue. Jason Stearns a rappelé que le compromis essentiel entre Kinshasa et Kigali est resté inchangé à travers les différentes médiations, y compris l’accord global et inclusif de 2003 : un retrait des troupes rwandaises en échange d’un engagement congolais à lutter contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Cependant, la concrétisation de cet accord historique progresse à un rythme très lent.

En ce qui concerne le M23, aucune entente n’est en vue : la partie congolaise privilégie toujours une solution militaire, tandis que le mouvement rebelle affiche son intention de maintenir sa présence pour une décennie supplémentaire. Cette divergence fondamentale conduit l’analyste à conclure que l’on est « très, très loin d’une réussite » dans ce dossier.

Interrogé sur les raisons de cette impasse persistante, Jason Stearns a salué l’approche de l’administration Trump, qui, contrairement aux médiations antérieures (Communauté d’Afrique de l’Est, Union africaine via l’Angola), a exercé une pression réelle. Il a notamment souligné que les sanctions imposées au Rwanda sont « plus agressives que jamais auparavant », même en comparaison avec la période des grandes guerres congolaises de 1996.

Néanmoins, il a identifié deux lacunes majeures dans la stratégie actuelle. Premièrement, un manque de cohérence au sein de la communauté internationale : Washington sanctionne le Rwanda sans l’appui des partenaires européens, pourtant des bailleurs de fonds essentiels pour Kigali. Jason Stearns a illustré ce décalage en mentionnant que le président rwandais Paul Kagame continue de signer des accords, notamment avec des équipes de basket-ball américaines, ce qui ne reflète pas une pression internationale écrasante. Deuxièmement, l’absence d’une stratégie globale claire de la part de Washington. Selon des diplomates américains cités par Jason Stearns, aucune solution militaire n’est envisagée, une position qu’il partage. Cependant, la stratégie de compromis censée accompagner la pression sur Kigali demeure indéfinie.

Le chercheur a également révélé qu’une proposition de compromis « vague » entre le M23 et la RDC, présentée par les diplomates américains à Montreux et jamais rendue publique, aurait offert au mouvement rebelle une forme d' »intégration partielle ». Cette proposition, dont il n’a pas eu accès au texte exact, aurait été rejetée par les deux parties. Enfin, Jason Stearns a conclu qu’une pression diplomatique équivalente manque cruellement envers Kinshasa, la République démocratique du Congo n’ayant « jusque-là pas vraiment subi une pression diplomatique de la part des États-Unis », contrairement au Rwanda.

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