Le Togo peut-il compter sur la Russie pour son indépendance énergétique et agricole ? International Par Ali Mahamane - 2 novembre 20260 Enregistrer en PDFÉcouter la lecture5 min×1 Le Togo peut-il compter sur la Russie pour son indépendance énergétique et agricole ? Alors que le troisième Sommet Russie-Afrique s’ouvre à Moscou, le Togo place ses espoirs dans un partenariat renforcé avec la Russie. Le président Faure Essozimna Gnassingbé a présenté des secteurs stratégiques où Lomé souhaite voir des avancées concrètes : l’énergie, l’agriculture, la transformation industrielle et la formation technique. Une question cruciale se pose : ces collaborations seront-elles à la hauteur des ambitions togolaises ? L’énergie et l’agriculture, piliers du développement togolais La délégation togolaise a fait de l’énergie et de l’agriculture des priorités absolues dans sa coopération avec Moscou. En matière énergétique, le Togo vise l’augmentation de ses capacités de production et le renforcement de ses infrastructures. Des projets concrets pourraient émerger pour diversifier les sources d’approvisionnement et réduire la dépendance aux importations. Du côté de l’agriculture, les ambitions sont tout aussi marquées : modernisation des chaînes de production, amélioration des rendements et développement de la transformation locale des produits. L’objectif ? Atteindre une sécurité alimentaire durable et renforcer l’autonomie du pays. Ces deux secteurs ne sont pas choisis au hasard : ils représentent des leviers majeurs pour stimuler la croissance économique et sécuriser les ressources vitales du Togo. Quels projets énergétiques envisager avec la Russie ? Plusieurs pistes de coopération énergétique ont été évoquées, notamment dans les domaines des énergies renouvelables et des infrastructures clés. Le Togo pourrait bénéficier d’un soutien russe pour développer des centrales solaires ou hydroélectriques, tout en modernisant son réseau électrique. La formation d’experts locaux et le transfert de technologies russes pourraient aussi accélérer ces projets. Comment la Russie pourrait-elle transformer l’agriculture togolaise ? L’agriculture togolaise, bien que porteuse, nécessite des investissements massifs pour rattraper son retard. La Russie, avec son expertise en mécanisation agricole et en gestion des chaînes de valeur, pourrait jouer un rôle clé. L’objectif est double : augmenter la productivité des cultures vivrières et développer une agro-industrie capable d’exporter ses surplus. Des accords pourraient également concerner la fourniture de matériels agricoles adaptés au climat tropical. Transformation industrielle et formation technique : les autres enjeux de la coopération Au-delà de l’énergie et de l’agriculture, le Togo mise sur la transformation industrielle pour créer de la valeur ajoutée. La collaboration avec la Russie pourrait permettre de développer des industries locales, notamment dans les secteurs textile, agroalimentaire et pharmaceutique. Parallèlement, la formation des jeunes dans les métiers techniques et scientifiques est un axe prioritaire. Les échanges universitaires et les programmes de bourses pourraient faciliter le transfert de compétences et soutenir les projets de modernisation. Des accords concrets déjà signés, mais des résultats encore attendus La coopération entre les deux pays a connu des avancées notables. Lors d’une rencontre au Kremlin avec le président russe Vladimir Poutine, Faure Gnassingbé a souligné que sept mémorandums d’entente avaient été signés depuis novembre 2025. Une première session de la commission mixte intergouvernementale, organisée à Lomé en septembre 2026, a également permis de lancer plusieurs initiatives. Reste à savoir comment ces engagements se traduiront en actions tangibles sur le terrain. Quels secteurs ont déjà bénéficié de cette coopération ? Les domaines couverts par ces accords sont vastes : énergie, agriculture, industrie, santé et éducation. Cependant, leur mise en œuvre nécessite des investissements, une coordination renforcée entre les institutions des deux pays, et des mécanismes de suivi rigoureux. Les populations togolaises attendent des retombées visibles, notamment en termes d’emplois créés et d’amélioration des services essentiels. Le défi de la concrétisation des promesses Si les intentions sont claires, leur réalisation dépendra de plusieurs facteurs. D’abord, la capacité des deux pays à mobiliser les financements nécessaires. Ensuite, la volonté politique de dépasser les simples déclarations pour engager des projets concrets, avec des échéances et des responsables désignés. Enfin, la transparence et l’efficacité dans l’exécution des accords seront déterminantes pour gagner la confiance des entrepreneurs et des citoyens. Le Sommet Russie-Afrique de Moscou pourrait bien être un tournant pour le Togo, à condition que les promesses se transforment en réalisations. L’enjeu est de taille : assurer au pays une autonomie stratégique dans des secteurs clés pour son avenir. Par Ali Mahamane — Journaliste Fils d'actualité (RSS)Ajoutez nos flux XML à votre agrégateur RSS (Feedly, Inoreader, Thunderbird...)InternationalTous les articles